Aujourd'hui, dans l'Eglise Catholique, nous faisions mémoire de Sainte Agnès, victime de la persécution impériale au début du IVème siècle. La Tradition lui prête une petite douzaine d'années - mais nous rapporte que, même à ce jeune âge, elle était convoitée par le fils d'un dignitaire romain auquel elle préféra la virginité pour le nom de Jésus. Livrée au bourreau, torturée et finalement égorgée, elle est restée dans le Peuple chrétien de Rome une image de la pureté et du don de soi pour le Christ - au point que le Canon Romain de la Messe, aujourd'hui notre première Prière Eucharistique, la cite et la place aux côtés d'autres prestigieux martyrs de la foi.
Une petite fille... face à la machine guerrière et répressive d'un grand Empire!
Aujourd'hui aussi, par le hasard des lectures et de leur répartition dans la liturgie, nous entendions le récit du Premier Livre de Samuel qui rapporte l'incroyable combat entre le jeune David et le redoutable Goliath. Ce dernier, armé jusqu'aux dents, incarne à souhait la force brutale, la force d'une brute, qui veut et peut et entend tout détruire et soumettre sur son passage. Face à lui, le petit gamin roux, futur grand Roi d'Israël, n'est armé que de quelques pierres dérisoires pêchées dans la rivière - mais qui vont au géant porter un coup fatal. Victoire, ici déjà, ici aussi, de la faiblesse sur la force brutale.
Un jeune garçon... face aux rodomontades de la force armée!
Aujourd'hui, à Rome, comme le veut la Tradition, le pape a béni des agneaux - de leur laine, on fera des palliums qui orneront le cou des prochains archevêques résidentiels. Manière de dire qu'ils porteront sur eux la laine de ces doux petits - agnelli, comme Agnès - et ainsi, rien que par ce signe, rappelleront la douceur qui doit sans cesse guider leur ministère de pasteurs. Pasteurs oui, bergers sans doute, mais d'abord eux-mêmes faibles brebis!
Point n'est besoin, je suppose, de dire la pertinence de ces occurrences liturgiques dans la situation contemporaine, géopolitique évidemment, de notre pauvre monde. Mais, s'il vous plaît, que cette pertinence relance notre foi, notre espérance, notre charité - et notre vigilance!
Difficile en effet de ne pas perdre courage et foi devant toute la douleur du monde et l'apparente inutilité de nos prières; de faire comme le dit G. Ringlet l'éloge de la fragilité, de la douceur. Pourtant Jésus lui-même en endossant notre faiblesse a brisé notre désir d'un dieu tout-puissant. "Bienheureux les doux"
RépondreSupprimerA propos d'espérance:
RépondreSupprimer"Si étrange que semble le moment présent, quelque mauvaise apparence qu’il ait, aucune âme sérieuse ne doit désespérer. Les surfaces sont ce qu’elles sont, mais (…) les courants sous-marins existent. Pendant que le flot s’agite, eux, ils travaillent. On ne le voit pas, mais ce qu’ils font finit toujours par sortir tout à coup de l’ombre, l’inaperçu construit l’imprévu" Victor Hugo