mardi 5 juin 2018

La Convention Européenne des Droits de l'Homme

Votée à Rome  en 1950 avec le souci d'appliquer en Europe la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, la Convention Européenne des Droits de l'Homme est entrée en vigueur en 1953. Elle oblige aujourd'hui  tous les pays de l'Union Européenne. Monsieur Francken, Secrétaire d'Etat du Royaume de Belgique, chargé, entre autres, de l'asile et de la migration, vient de déclarer qu'il fallait "contourner" l'article 3 de cette Convention.
Pour que les choses soient claires, ou pour information, voici donc le texte - bref - de cet article 3 :


"Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants."


Chacun jugera...

dimanche 3 juin 2018

Les plus belles conversations...

J'ai eu, durant tout ce printemps, la joie de confirmer beaucoup de jeunes dans la foi, par ce sacrement qui scelle sur eux le don de l'Esprit. Encore ce matin, une dizaine, à Bassilly. A chaque onction, j'aime par-dessus tout ce petit moment magnifique, comme volé au temps, de la conversation - une conversation brève, certes, quelques secondes, mais faut-il être long pour être intense?
Qu'est-ce qu'on se dit, dans ce face à face entre "confirmateur" et "confirmé"?
L'essentiel.
"Es-tu heureux (-se)?"
"Oui"
"De ce jour-ci ou en général"
"Les deux"
"Au plus profond de toi, maintenant, tu as la source du bonheur : l'Esprit même de l'amour. Fais-lui confiance, toujours."
"Oui, je le sais bien."
"Tu promets de ne jamais être triste au point de désespérer, même si tu dois traverser des épreuves."
"Oui, je promets. "
"Tu seras fort(e) maintenant, hein, et garde toujours ce magnifique sourire que je vois sur tes lèvres!"
"Oui"
"Alors, vas-y!"
(Et une petite tape amicale pour l'envoyer dans la vie de l'Esprit!)


Quelle joie partagée avec ces jeunes. A la sortie, avant que les photographes amateurs ne viennent flasher, je leur demande : "C'était pas trop long?"  - "Oh non, me dit un grand gamin tout joyeux, moi je trouvais que ça aurait pu durer encore." "Oui, bien sûr, lui dis-je, mais tu dois penser que moi je suis vieux, alors je ne peux pas tenir plus longtemps." - "Ah, si c'est ça, ok!" (On est potes, ou on ne l'est pas...)


Mais quel bonheur!

samedi 2 juin 2018

Traiter la religion avec les égards qui lui sont dus...

Les épouvantables tueries de Liège donnent encore et encore à penser. Evidemment, on a affaire à de la délinquance, à de petites frappes qui se récupèrent en prison autour de projets délirants, et qui n'ont plus rien à perdre.
La société occidentale a une responsabilité énorme là-dedans : elle n'est guère parvenue à faire des prisons des lieux autres que de moisissure, qu'il s'agisse du reste de l'architecture ou des détenus. Ce n'est pas normal : les prisons, dans leur fonction, doivent œuvrer à la réinsertion sociale, elles n'en ont pas les moyens, ni humains (en personnel, par exemple: que gagne par mois un gardien?), ni psychologiques, ni spirituels... Echec, prévu de longue date dans le livre indépassable du Philosophe Michel Foucault, Surveiller et punir... depuis des décennies! Il y a donc une profonde réforme à penser, à mettre en œuvre, non seulement de répression du mal, mais de son "traitement", en envisageant ses origines sociales, ses complicités, les insuffisances qu'il dénote en matière scolaire, économique, etc. Nos politiques, ceux qui vont se présenter à nos suffrages, d'abord dans quelques mois, pour les communales, puis dans un an, pour les législatives, que disent-ils là-dessus? Mais nous, les interrogeons-nous là-dessus? Que leur faisons-nous dire là-dessus? Certains pays de l'UE sont plus décidés que nous sur ces questions, en particulier les pays scandinaves - interroge-t-on leurs pratiques?
Malheureusement, outre le sort général des prisons, la religion entre pour une bonne part, semble-t-il, dans un processus en effet  pénitentiaire, qui exacerbe des rancunes et provoque des passages à l'acte pour des délinquants "en fond de peine" (et qui parient là-dessus pour n'être plus surveillés du tout, c'est-à-dire que n'ayant bénéficié d'aucune remise de peine, ils ne sont plus contrôlables, manière évidente de tourner la générosité du système en faveur d'une impunité inédite).  La religion, oui, comme prétexte, pour des gens qui trouvent dans cet horizon prétendument eschatologique ("tu iras au Paradis") une justification à leur rancœur de malades mentaux.
S'ils ont pu, s'ils peuvent, se servir de la religion (quelle qu'elle soit) comme prétexte à leurs actes terroristes, c'est bien sûr que le système pénitentiaire est mal adapté,  qu'ils sont des fous non repérés comme tels par ce même système alors que leur place devrait être en "défense sociale" psychiatrique, mais c'est aussi que la religion est mal connue et mal traitée dans nos sociétés. Sous le prétexte de la laïcité (qui est une excellente chose, cette séparation bienvenue des pouvoirs), celles-ci en effet ont tendance à se moquer du religieux, au mieux à le folkloriser, au pire à le dénigrer et à mépriser les personnes qui "croient encore à tout cela".
La réaction, attendue par ceux qui connaissent un peu l'histoire du phénomène religieux dans les sociétés humaines, est, et ne peut être, qu'un boomerang.  En prend-on la mesure?

jeudi 31 mai 2018

Nomination importante au Collège Saint-Augustin d'Enghien

Cet après-midi, jeudi 31 mai 2018, à 16h15, le Personnel du Collège d'Enghien a été officiellement informé de la nomination, ratifiée par Mgr l'Evêque de Tournai, de Madame Vinciane DEMEZEL au poste de Directrice Générale (Principale) du Collège, en remplacement de Monsieur Benoît PLETINCKX, qui fait valoir ses droits à la retraite. Madame DEMEZEL prendra ses fonctions début janvier 2019.
Au nom de Mgr Harpigny, évêque de Tournai, avec lequel j'avais passé une bonne partie de la journée en Conseil Presbytéral, et qui m'avait chargé de cette mission, j'ai remercié chaleureusement le Personnel et l'Equipe éducative du Collège ainsi que les Equipes de Direction pour l'excellence du travail accompli, dont le diocèse est légitimement fier et heureux, un travail qui se poursuivra avec la même et unique préoccupation : le développement harmonieux et humaniste des élèves.
Monsieur Jean-Pierre Viaene, Président du Pouvoir Organisateur, a annoncé cette nouvelle importante dont on retiendra sans doute d'abord qu'elle place pour la première fois une femme à la tête de l'un des établissements scolaires  diocésains les plus importants du Hainaut.


(Madame Vinciane DEMEZEL, née en 1970, est Agrégée de l'Enseignement Secondaire Supérieur en Sciences Mathématiques depuis juin 1994; elle est Professeur au CSA d'Enghien depuis avril 2002, et enseigne les mathématiques et l'informatique. Elle participe activement à la Pastorale scolaire, à l'Association Royale des Anciens, au projet humanitaire Komla, au plan de pilotage de l'école, entre autres.)

mercredi 16 mai 2018

"Contre les violents tourne la violence..."

Quand la violence a-t-elle commencé? Question de cour de récréation, de cour d'école fondamentale : "Qui est-ce qui a commencé?"
La décision entérinée par les Nations Unies de créer en 1948 l'Etat d'Israël faisait sans nul doute justice à un Peuple qui, dans l'Histoire, a été infiniment dénigré, dispersé, pourchassé, et qui l'avait été d'une façon odieuse dans l'Europe des années précédentes. Cette décision généreuse restituait à ce Peuple une part importante de sa terre ancestrale.
La même décision, du coup, provoquait l'exode des précédents occupants, les Palestiniens, obligés de se réfugier dans des camps "provisoires" aux bordures des pays limitrophes. A l'époque, au début, probablement y avait-il vraiment moyen de s'entendre...
Mais les années ont passé et durci les rancoeurs, recuit les oppositions : aux violences des uns ont répondu les annexions des autres, les occupations de territoires malgré les avis négatifs des Nations Unies, les colonisations.
Aujourd'hui, tout semble bloqué : une population est marginalisée, l'autre prétend "se défendre" en envoyant une armée terriblement efficace exécuter - il n'y a pas d'autre mot - des manifestants certes provocateurs et qui n'ont rien à perdre, sans doute en effet soucieux d'exhiber face aux medias d'Occident leurs morts, y compris leurs enfants morts, parce que c'est leur seule manière de protester encore.
Les Nations Unies, "le machin", comme disait De Gaulle, sont impuissantes.
Les grandes nations, les grandes puissances, ou se taisent (à peine quelques murmures de protestations entendus en Europe, du bout des lèvres, en France ou chez nous) ou jettent de l'huile sur le feu (le Président des USA, qui prend fait et cause pour le sionisme le plus dur, et très probablement pour des raisons non seulement diplomatiques mais financières.)
Sur place, des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans, hommes et femmes de bonne volonté, appellent encore et encore au dialogue : il ne faut jamais cesser d'y croire. Le pape les appuie, disant ce midi son "inquiétude" lorsque des voies violentes sont empruntées, lorsqu'on veut passer par la force - cela, dit-il, ne conduit jamais qu'à un surcroît de violence, mais en aucun cas à l'apaisement.
Entendant cet appel aujourd'hui, je songeais au vers d'Aragon : "Contre les violents tourne la violence." On ne sait pas si le poète a conjugué le verbe au mode subjonctif - un souhait - ou indicatif - un constat.
J'espère que soit exacte seulement la seconde hypothèse, la seconde lecture, car il ne faut jamais souhaiter que la violence revienne comme un boomerang vers ceux qui l'exercent. Mais, constatant qu'elle le fait toujours, il faut prier pour que puisse s'installer là-bas une communication de la paix, une "méta-communication", qui fasse sortir ces peuples aimés d'une spirale destructrice pour tous les deux.

jeudi 3 mai 2018

Contester le système

Longuement reçu, ce midi, et déjeuné avec mon ami Pierre. Pierre a 26 ou 27 ans, je ne sais pas au juste, et il est le prototype du garçon le plus intelligent  que peut produire notre pays. Futé, bardé de diplômes, ayant tout vu, ayant passé une partie de sa formation aux USA, parfait polyglotte, avocat d'affaires, promis, comme on dit, à un avenir brillant. Il est "athée", comme il dit, même si je lui fais souvent remarquer que ces catégories de nos jours, hein, ça ne veut plus dire grand chose. Je l'aime de tout cœur, comme s'il était mon gamin - révérence gardée pour ses parents, que je connais bien, et qui sont aussi des amis!
Nous avons donc parlé, une nouvelle fois, de tout, de lui, de moi (un peu, ce n'est pas le sujet intéressant), de son métier, de sa vision du monde, de ses déceptions, de ses projets... Vraiment, quel bonheur de le voir!
Je retiens ceci : il a tout compris du "système" dont il fait partie, dans une société d'affaires affairée à faire des sous (l'allitération est voulue, voyez-vous...) Il y est productif et tout (et tous) le pousse(nt) à faire encore plus de sous, pour lui-même d'abord et pour la rentabilité du système en question. L'horizon de vie des cadres? Des sous, des sous à n'en savoir qu'en faire, des sous à accumuler pour les dépenser dans des frivolités dont on prétend qu'elles font "tourner l'économie" (voitures, voyages, maisons, investissements). Entre collègues, les sujets de conversation? Les sous, comment on les gagne, comment on les place, comment on fera pour en gagner davantage. Le récit, n'eût-il été si dramatique, et si dramatiquement vrai, était à pleurer... de rire!
Pierre a compris. Il ne veut pas enterrer sa vie dans cette vie-là. Il veut vivre.
L'alternative?
S'occuper, dit-il, de ceux que le système rejette comme une centrifugeuse. Ceux à qui l'on donne de temps en temps une croûte en compensation ou en consolation.
Alors il prend maintenant tout son temps avec des femmes sans mari mais chargées d'enfants qui doivent boucler le mois avec 750 euros. Et il dit qu'il veut mettre ses compétences au service de ces personnes-là.
Je l'aime, mon Pierre.
Je suis très fier d'être son ami...

jeudi 26 avril 2018

Obéir, désobéir... à quoi obéit-on? Une bonne conférence du "CAL" Enghien-Silly

Je rentre d'une conférence organisée par le Centre d'Action Laïque Enghien-Silly, conférence donnée par Jean-Michel Longneaux (UNamur) sur le thème : "A quoi obéit celui qui désobéit?" Ma première impression est que l'orateur a vraiment joué son rôle de philosophe : questionnant les motivations de ceux qui obéissent ou désobéissent, ou qui prônent la désobéissance ou l'obéissance, qu'elle soit civile ou autre. Je veux dire par là qu'il a mis en cause nos idéologies, qui sont souvent le substrat de nos raisons exprimées dans nos débats et prises de position, pour dire que nos libertés sont beaucoup plus contraintes qu'on ne le croit. Et en particulier qu'elles sont contraintes par du "viscéral", par des raisons qui sont moins intellectuelles que des raisons de vivre, ce que les philosophes autrefois appelaient nos "passions". C'est évidemment dérangeant, car nous avons tous tendance à nous considérer comme parfaitement autonomes et responsables. Mais le rôle du philosophe n'est-il pas de "déconstruire" (Derrida) ou d'ôter les illusions (Marx), pour rappeler à lui "l'homme déçu, enfin devenu raisonnable" (Marx encore, dans La Philosophie du Droit de Hegel, je crois)? J'ai aimé cette soirée de "libre pensée", durant laquelle en effet la pensée a été libre...