mardi 24 février 2026

Hector

 Hector Bianciotti (1930-2012) a été un remarquable écrivain, critique et éditeur. Né en Argentine d'une famille d'origine italienne (piémontaise) il maîtrisait parfaitement l'espagnol, l'italien et aussi le français, dont il fit la langue magnifique de ses derniers livres dans un style tellement remarqué qu'il fut élu à l'Académie française. J'ai eu la chance de partager une grande amitié avec cet homme que j'admirais et qui voulut faire de moi, et jusqu'à sa mort, son "accompagnateur spirituel". Aujourd'hui, et trop vite, son Oeuvre est, comme on dit, "au purgatoire". Or voici qu'un ami commun, René de Ceccatty, publie chez Séguier une formidable biographie d'Hector, sous le titre "Les trois vies d'Hector Bianciotti". Formidable, oui, par la quantité des documents consultés, des auteurs cités, des index, et surtout parce qu'à travers l'évocation d'une vie, René propose au fond une méditation sur ce qu'est - ou ce que devrait être et rester - la littérature. Un art, un des "beaux-arts" indispensable à l'humanité pour qu'elle se grandisse et échappe, encore et encore, à la barbarie.

. René de CECCATTY, Les trois vies d'Hector Bianciotti, Paris, Séguier, 582pp., 25,90 euros.

dimanche 22 février 2026

Nos catéchumènes

 Ils étaient près de deux cents, les catéchumènes qui affluaient cet après-midi à la Cathédrale de Bruxelles depuis la Ville ou le Brabant Wallon. Des jeunes - entre quinze ou seize et trente ans en moyenne. Des garçons et des filles de toutes origines sociales, seulement désireux de devenir chrétiens aux prochaines fêtes de Pâques, et que l'évêque a solennellement appelés pour inscrire leur nom au Livre des Baptêmes. Leur nom! Quelle beauté d'entendre s'égrener ces prénoms et, à leur énoncé, des voix qui se levaient dans l'assemblée pour répondre "Me Voici"! Quelle fraîcheur, qui nous livre du reste le sens véritable et premier du Carême - non pas un concours d'ascèse, mais une préparation ultime à ces sacrements souhaités par ces jeunes adultes depuis si longtemps.

Notre Eglise en est comme ragaillardie, rajeunie - la Cathédrale cet après-midi était une nouvelle fois un lieu de grande joie dans la Ville!

Parmi tous ces candidats, j'aime beaucoup M. (restons discret) que j'accompagne depuis ses premières rencontres avec la foi chrétienne. M. a grandi dans un milieu non pas athée, mais indifférent à la foi. Dans son enfance et sa jeunesse, il n'a guère été question de Dieu - son papa, un intellectuel, n'a pas de mépris pour la religion, mais la considère en sociologue, comme un objet d'étude, "de façon horizontale", dit M. Et notre ami d'ajouter : "Moi, j'ai besoin de quelque chose de vertical, qui m'engage et où je m'engage..."

Quelque chose se passe. Laissons aux spécialistes le soin de scruter et d'analyser ce "quelque chose". Et, pour notre part, accueillons ces nouveaux venus à bras ouverts, et surtout, laissons-les libres de choisir à chaque pas le compagnonnage qu'ils souhaitent désormais vivre avec le Christ.

Mais Dieu! Que leur présence nous fait du bien!

mercredi 18 février 2026

Mercredi des Cendres

 La Cathédrale était comble ce midi, à Bruxelles. Plusieurs centaines de personnes s'y pressaient pour recevoir les cendres et ainsi commencer à vivre le temps béni du Carême. Temps de conversion, de retour au coeur, au secret du coeur, là où "Dieu nous voit" pour reprendre une expression de l'Evangile proclamé. Oui, retour à l'intériorité pour y trouver la source de ces attitudes qui humanisent et libèrent : le jeûne, la prière, le partage. S'abstenir de combler toujours et tout de suite tous nos désirs, mais au contraire laisser une place au manque, au vide - n'est-ce pas par ce creux que Dieu peut être accueilli en nous? Prier dans le silence de l'oraison, là où se rencontrent les deux grands abîmes d'inconnaissance qui tissent le mystère de nos existences humaines : qui sommes-nous? Qui est Dieu? Et ainsi s'ouvrir à l'autre, pour partager avec lui le peu que nous avons, persuadés que nous sommes faits pour cela!

"Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière" : c'est l'une des deux monitions qui accompagnent l'imposition des cendres. Oui, dans l'infini des galaxies, qu'es-tu d'autre, petit homme, qu'un grain de poussière? Mais plus tu te sais peu de chose, plus t'est révélé le dessein d'amour de celui qui te crée et te veut et aux yeux duquel tu as plus de valeur que tous les univers rassemblés! "Convertis-toi et crois à l'Evangile" : c'est l'autre monition, qui nous invitait aussi, ce midi, à nous retourner vers notre coeur et à y discerner cette Bonne Nouvelle, cet Evangile, comme ce que nous désirons de plus grand.

La très grande foule présente aujourd'hui nous relance dans l'espérance. Bon Carême!

dimanche 15 février 2026

Merci, Martin

 Grande joie, hier soir, d'entourer notre ami Martin qui, en l'église du Sablon, était ordonné diacre en vue du ministère presbytéral, par notre archevêque Mgr Terlinden. Une assemblée nombreuse, fervente, issue de toutes les communautés de notre Unité Pastorale du Centre-Ville, une liturgie impeccable grâce au dévouement de Nicolas, notre cérémoniaire et des nombreux servants de messe; beaucoup de prêtres et de diacres pour concélébrer l'office, mais surtout, à travers tout cela, une grande atmosphère de joie.

D'où vient-elle, cette joie? Du don que Martin accepte de faire de sa vie, au service du Christ par lequel il se sent appelé, et auquel il répond par un "Me voici" qui n'a  rien de contraint - juste une visible offrande de tout lui-même. Oui, une pareille offrande de soi suscite la joie spirituelle chez celui qui y consent, mais aussi chez celles et ceux qui l'entourent. Et qui se sentent comme ravivés dans leurs engagements sociaux ou ecclésiaux.

Visiblement, nous sommes faits pour pareille joie. Pour nous retourner vers pareille joie. Hier, à travers les rites toujours anciens et toujours nouveaux de l'ordination, ce miracle de la joie spirituelle fut comme tangible, oui, on aurait pu le toucher et en tout cas, on était touché par lui.

Merci Martin, pour le don de l'amour qui illumine ta vie et la nôtre, qui éclaire l'Eglise.