vendredi 2 janvier 2026

2026, entre effroi et espérance

 Nous avons donc ouvert la porte de 2026.

Non sans crainte. Je ne suis guère "géopoliticien", mais j'ai comme beaucoup de citoyens européens des raisons de m'inquiéter. L'impérialisme de certaines grandes nations, leur expansionnisme, leur mépris des libertés individuelles, m'angoissent. Comment une grande démocratie comme les USA peut-elle donner les signes alarmants d'un virage vers la dictature? Comment la Russie continue-t-elle, sans être autrement sanctionnée ou sans que les sanctions déjà prises à son encontre soient suivies d'effet, à promouvoir un déni du droit international? Comment la Chine se moque-t-elle des deux autres superpuissances pré-citées pour asseoir sa propre expansion?

Les impérialismes ont toujours existé. Et toujours ils se sont nourris des religions qui les entouraient, en en faussant souvent la portée, en en tordant le sens pour les mettre à leur service. Oh, que je suis partisan d'une distinction nette entre le religieux et le politique, mais comme je souhaite que cette distinction soit respectée dans les deux sens! Aujourd'hui, on se sert du christianisme pour asseoir, aux USA, une vision de soi-disant "chrétienté" à restaurer - et, je l'ai déjà signalé ici, une vision fausse et perverse, d'où le Christ est pratiquement exclu,  lui qui prêche l'avancée d'un Royaume - de Dieu - où les pauvres sont premiers, quelle que soit la cause de leur pauvreté. On veut une chrétienté dite "de tradition", qui relève plus d'un ordre social que d'autre chose. Mais il faut le rappeler avec vigueur : le christianisme,  c'est le Christ, la Révélation qu'il porte en lui, dans ses paroles et ses actes, d'un Dieu faible et pauvre, non pas du côté des puissants ou des nantis, mais du côté, toujours,  des exclus. Cela doit être aussi redit à une Russie conquérante et soi-disant "gardienne des valeurs chrétiennes" - les valeurs chrétiennes excluent la guerre, la violence et, précisément, la volonté de conquête ou de reconquête.

Des voeux pour 2026? Que l'Europe ne se laisse ni gagner ni impressionner par ces rodomontades de chrétienté. Qu'elle continue à faire vivre ensemble des démocraties ouvertes, généreuses, accueillantes et...laïques, car la laïcité est le seul rempart contre le détournement pervers de la religion à des fins politiques. Que la foi chrétienne, parmi d'autres, y demeure une source toujours vive d'épanouissement et de bonheur, d'engagement social fort en faveurs de ceux et celles qui, hélas de plus en plus nombreux, vivent aux marges morales ou économiques. 

Voilà mes voeux. Ils conjuguent en effet l'effroi face à de nouveaux fascismes qui, partout dans le monde, menacent nos libertés démocratiques, et l'espérance de voir une foi chrétienne sans cesse rajeunie, débarrassée de volontés expansionnistes, et soucieuse seulement d'une annonce authentique de l'Evangile.