jeudi 1 octobre 2026

La Cathédrale

 Remontant ce soir de mes petites courses, à un pas qui redevient de plus en plus alerte grâce aux "faux genoux" qu'on vient de me poser, je contemplais, doucement, à mon allure, la Cathédrale qui se dressait devant moi, baignée encore au sommet de ses tours par le doux soleil d'automne bientôt éteint, oui, elle était là, accueillante comme toujours, imposante et fière, certes, mais tellement humaine, au fond, tellement à la mesure de celles et ceux qui, si nombreux, vont la visiter jour après jour... Oui, quelle chance j'ai de pouvoir veiller sur cette vieille Dame, cette grand-mère qui sans doute nécessite, comme toutes les grands-mères, des soins attentifs - mais je peux pour cela compter sur la bienveillante attention de nombreux bénévoles qui la chouchoutent au quotidien! Sur les bancs publics, devant sa façade, des amoureux, comme ceux que chantait Brassens, "qui se bécotent et ont des p'tites gueules bien sympathiques..." J'imagine notre grand-mère les couvant de son regard affectueux, les protégeant de son sourire de pierre, son sourire huit fois centenaire!

Et je m'avance donc, je me rapproche des escaliers monumentaux, qu'il faut gravir dans la foi, l'espérance et la charité. Ces trois "théologales" qui nous ouvrent l'espace de Dieu, la Cathédrale les incarne dans son architecture : les témoins de pierre ornent sa façade et racontent la foi des générations qui ont gravi, comme moi ce soir, ce qui peut-être sépare l'homme de Dieu. L'espérance, elle la montre dans son élan vers un au-delà qui nous dépasse tous, par ces tours magnifiques qui pointent notre avenir vers le ciel, vers ce qui ne sera plus dans l'espace et le temps, vers l'éternité. Et la charité, elle l'accueille en son sein pour être un lieu de rencontre où tous les pauvres, pas seulement en argent ou en biens, mais les "pauvres en esprit", celles et ceux qui renoncent à compter sur leurs propres forces, viennent  retrouver et chercher le réconfort de leurs semblables.

En rentrant chez moi, j'entends Gunther et les répétitions des chants de ce dimanche, qui vont emplir la nef d'un  magnifique ruissellement. Comme elle a de la chance, notre Cathédrale, d'accueillir chaque semaine tant de beauté. Mais... elle le rend bien et ce soir je rends grâce pour cette grande Dame de pierre et de verre, qui délivre de tout repli, de tout ennui, de toute médiocrité du coeur.

2 commentaires:

  1. Merci pour cette magnifique méditation. "Objets inanimés, avez -vous donc une âme? " s'interroge Lamartine. Pour ce qui concerne la Cathédrale, on connaît la réponse.

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  2. La photo de votre cathédrale a été pendant longtemps le fond d'écran de mon téléphone (remplacée tout récemment par celle de ma petite-fille). A chaque fois que je viens à Brussels je ne peux m'empêcher de la rephotographier. Et quand je gravis toutes ces marches - en soufflant et en râlant intérieurement - je crois que je gagne mon paradis...Elle m'est devenue plus familière que ma propre paroisse. Quand j' entre, je commence toujours par aller voir le Christ aux outrages , trop relégué à mon goût.
    Pour moi Ste Gudule évoque la majesté et la grandeur divine. Mais je lui préfère l'humilité et la naïveté sculpturale d'une chapelle romane. Là où l'orgue triomphal fait place à la douceur du chant monastique et où la pénombre invite à la prière.

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