dimanche 6 juin 2021

Des nouvelles...

 Absent depuis plusieurs semaines, je reprends doucement contact. J'ai été par deux fois opéré d'un déchirement de la rétine à un oeil, avec des conséquences qui ne sont pas encore finies... Occasion de mieux comprendre le soulagement apporté par Jésus aux aveugles qu'il guérit dans les Evangiles! On redécouvre combien, entre tous, la vue est un sens précieux.

Cela dit, je tire aussi mon chapeau à l'équipe d'ophtalmos qui m'ont entouré et soigné (et continuent de le faire) à l'Hôpital Saint-Pierre, ici à Bruxelles : attention, réconfort et gentillesse étaient toujours au rendez-vous!

Je n'en écris donc pas plus... Il faut que je repose encore mes yeux!

dimanche 9 mai 2021

Plis de l'invisible

 A partir de ce mardi 11 mai et jusqu'au 11 juillet, la Cathédrale de Bruxelles accueille le travail de Caroline Chariot-Dayez. Des huiles présentées dans le déambulatoire, étoffes plissées dans les interstices desquelles le spectateur peut se glisser pour épouser ce qui est offert, là, à sa contemplation. Evocations de scènes bibliques à travers des drapés et des envolées : on respire en entrant par ces plis dans les Ecritures suggérées.

La Cathédrale offre un écrin somptueux à cette exposition d'une oeuvre rare. 

samedi 1 mai 2021

Vigne et sarments

 Je rêve quelquefois à un sondage "sortie des églises" (pour parodier les sondages "sortie des urnes") - mais, évidemment, vu le peu de paroissiens présents à nos messes, il n'aurait pas grande représentativité... La question en serait : "Quel est le rapport que le chrétien entretient avec le Christ?" Je gage que l'on  serait surpris des réponses.

Probablement entendrait-on des choses du genre : "Le Christ reste un grand modèle de vie et d'enseignement pour toute l'humanité". Ou : "Il a été l'un des grands personnages de l'Histoire humaine." Ou encore : "On ne peut qu'admirer encore aujourd'hui ce qu'il a dit et ce qu'il a fait..."

Propos sympathiques mais nettement insuffisants pour les chrétiens. 

Il est la vigne, nous dit-il lui-même dans l'Evangile entendu ce dimanche. Et nous, les sarments. Le rapport du chrétien au Christ est un rapport de... sève. Le chrétien reçoit du Christ sa vie présente, sa renaissance et son éternité. Sa fécondité, aussi car "en-dehors de moi, vous ne pouvez rien faire!" Depuis son baptême, le chrétien ne vit que par le Christ, grâce au Christ, dans le Christ. Sans lui, il est un sarment sec et mort, "bon à être ramassé et jeté au feu."

Revenir, encore et encore, à cette perpétuelle initiation chrétienne que nous offrent les sacrements!

samedi 24 avril 2021

Le Bon Pasteur

 Il n'y a qu'un "Bon Pasteur" : c'est le Christ. Sur lui repose désormais cette titulature que déjà le Peuple élu accordait au Dieu tout-puissant, lui, le seul et unique pasteur, le seul et unique passeur aussi. Le vrai pasteur, dit Jésus en s'attribuant ce titre, est celui qui donne sa vie pour les brebis. Le Christ le fait, non seulement l'a fait une fois dans l'Histoire des hommes, mais ne cesse de le faire. 

Son humanité, il l'offre sans cesse au Père, dans une intercession de tous les instants.

Sa divinité, il l'offre sans cesse aux hommes, dans un don de tous les instants.

Ainsi est-il, lui, l'unique Prêtre - un sacerdoce auquel sont greffés par le baptême tous les chrétiens de tous les temps, eux qui forment peu à peu un unique Peuple de "prêtres, de prophètes et de rois." Oui, le sacrement qui fait les prêtres, c'est d'abord... le baptême, on risque toujours de l'oublier!

"Mais n'y en a-t-il pas, dans votre Eglise, qui sont plus prêtres que les autres?" On entend venir l'objection... Oui, il y a dans l'Eglise des "ministres ordonnés", évêques, prêtres et diacres qui sont plus particulièrement témoins du don de Dieu en Jésus, de la prévenance de ce don. Si, en Jésus, la divinité ne se donnait pas, l'humanité ne pourrait s'offrir... Les ministres ordonnés sont nécessaires pour rappeler à tous que l'Eglise est un Peuple convoqué par ce don, qui précède tout et permet tout. En ce sens, ils sont un sacrement, un rappel constant - l'Eglise n'est pas une "asbl", une association parmi d'autres. Elle est une assemblée convoquée, qui, dans la diversité de ses provenances, de ses cultures, de ses âges, de ses charismes, répond à un appel commun.

Il faut pour cela des ministres ordonnés, choisis non d'abord pour leurs vertus particulières, mais choisis parce qu'appelés à être cela. Ils ne sont pas "plus" prêtres, ils le sont autant que les autres par leur baptême, et, par leur ordination, ils rappellent dans toutes les activités de l'Eglise cette dimension de convocation qui toujours risque d'être oubliée.


vendredi 16 avril 2021

Lire les Ecritures

 "Alors, il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Ecritures..." (Lc 24, 45). Dans le récit d'apparition du Ressuscité aux Onze, lu ce dimanche en saint Luc, il y a, comme dans d'autres récits, cette relecture que Jésus propose aux siens pour qu'ils puissent reconnaître, à travers les Ecritures, sa présence de Vivant.

Les chrétiens entretiennent avec leurs saintes Ecritures un rapport particulier, que l'on peut dire "christocentré". Ils ne lisent pas la Bible pour y trouver des préceptes moraux. Ou des récits historiques. Ou des récits mythiques. Ou des poèmes et des chants. Ou de ténébreuses révélations. Pourtant, ils lisent dans la Bible tous ces genres littéraires, si divers entre eux, ils lisent le Pentateuque et les Livres des Rois, la Genèse et l'Exode, les Psaumes et le Cantique des Cantiques, les Evangiles et les Lettres de Paul, et l'Apocalypse... Mais à travers tous ces textes, ce qu'ils recherchent, c'est la rencontre avec le Seigneur Ressuscité.

Voyez le rituel de la lecture publique de l'Evangile, à la messe : lorsque l'évêque, le prêtre ou le diacre a fini sa proclamation, il présente le lectionnaire à la vénération de l'assemblée, en lançant : "Acclamons le Parole de Dieu!" Et le peuple assemblé répond  "Louange à toi, Seigneur Jésus!" Le lecteur ne demande pas d'acclamer une péricope évangélique, ni la matérialité d'un Livre, mais d'acclamer une Personne, le Christ, qui est Parole vivante de Dieu.

A travers la lecture, donc, il n'y a pas simplement la volonté de recueillir des informations, comme lorsqu'on lit un journal. Il y a une rencontre avec Quelqu'un, le Ressuscité. C'est ce que les moines, surtout dans la tradition bénédictine, nomment lectio, "lecture savoureuse", "lecture aimante". C'est une rencontre quasiment aussi forte, aussi nourrissante, que la rencontre de la communion eucharistique. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de se nourrir. Le texte est une table, la première dans nos célébrations.

On est loin des fondamentalismes si déplorables et pourtant si fréquents dans les religions dites "du Livre", lorsque, sans aucune considération critique, on prend les versets sacrés pour des préceptes à appliquer tels quels, de façon souvent moralisatrice. Et c'est malheureusement encore le cas chez nombre de chrétiens, et quelquefois de catholiques, qui sont pourtant prévenus contre ce genre de dérive. Nous ne sommes pas, à vrai dire, une "religion du Livre", mais bien plutôt une "religion de la Parole". C'est tout autre chose!

dimanche 11 avril 2021

La foi de Thomas

 Thomas, "dont le nom signifie jumeau"... Thomas notre double, notre jumeau, parangon de l'acte de foi. D'abord par son doute : qui d'entre nous ne voudrait, comme lui, "voir pour croire"? Du reste, la foi n'est pas la crédulité : il a raison, notre Thomas, de vouloir vérifier. La foi - on omet trop souvent de le rappeler - suppose aussi la distance critique, le recul et même la vérification scientifique. L'Eglise catholique s'est toujours méfiée, à juste titre, du "fidéisme", cette tentation récurrente qui voudrait (faire) croire sans cette distance critique, arguant quelquefois que "c'est encore plus beau de croire quand c'est absurde..." Le Concile Vatican I, par exemple, en 1870, s'est sévèrement distancié de cette malfaçon.

Mais ce que voit Thomas - du reste, les autres, une semaine avant, l'avaient également vu - n'est pas ce qu'il croit. Il voit - touche-t-il?, le texte ne le dit pas - les plaies du Crucifié, mais ce qu'il reconnaît en lui c'est "son Seigneur et son Dieu". Il y a, il y aura toujours, un "saut" dans la foi, qui confessera, à travers les signes visibles, la réalité invisible.

Thomas, notre jumeau, que ton acte de foi inspire le nôtre!

vendredi 9 avril 2021

Paganisation de la fête de Pâques?

 Cette année plus que les autres (confinements à répétition?) j'ai l'impression que même les chrétiens perdent ou ont perdu la signification bouleversante de Pâques. Oui, on veut bien du printemps qui revient, des petites fleurs qui repoussent et d'un certain renouveau saisonnier. Mais Pâques, ce n'est pas cela, pour les chrétiens!

Pâques, c'est la Vie pour toujours plus forte que la mort. Et je veux bien que le renouvellement des saisons en soit une image, mais enfin ce n'en est pas la réalité. Car après le printemps de 2021 reviendra l'hiver de 2021, et le cycle des saisons (du moins dans notre hémisphère!) recommencera.

Or, comme dit saint Paul dans la Lettre aux Romains, "ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus. Sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir!" Le Jour de Pâques, c'est un jour absolument neuf, et pour toujours neuf, qui ne connaîtra plus ni d'automne, ni d'hiver. La Résurrection du Christ a fait briller sur notre monde, sur nos destinées humaines, sur nos tombes, sur nos maladies et sur nos morts, une espérance inédite et que rien  n'entamera jamais. Bien sûr, nous allons mourir comme tout, et comme tout le monde - mais aussi nous allons vivre, d'une Vie promise en ce radieux petit matin d'un premier jour de la semaine, à Jérusalem, dans le nouveau Jardin où le tombeau, le tombeau neuf, "où personne encore n'avait été déposé",  était aussi un tombeau vide.

Quelle différence, avec nos petits lapins en chocolat!