Le pape Léon vient de lancer un dernier appel aux membres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) qui souhaitent, début juillet, ordonner évêques quatre de leurs prêtres sans la permission de Rome. Cet acte, faut-il le rappeler, constitue aux yeux de l'Eglise Catholique et de son Droit canonique une faute grave, qui entraîne latae sententiae, c'est-à-dire automatiquement, et les évêques consécrateurs et les nouveaux ordonnés, conduisant une nouvelle fois cette fraternité dans le schisme, la dissidence d'avec l'Eglise catholique, apostolique et romaine. Le pape pourrait lever cette excommunication en autorisant, même en dernière minute, cette ordination, mais il ne le fera visiblement pas. Pourquoi? Parce que cette décision manifeste, à l'évidence, que les actuels évêques et les prêtres de cette fraternité ne veulent pas reconnaître un certain nombre d'éléments décisifs du Concile Vatican II, comme l'oecuménisme ou le dialogue interreligieux, la liberté de pensée, le primat de la conscience morale et la liberté religieuse, etc. On le voit bien : il ne s'agit pas de billevesées comme la question ou non de l'acceptation du nouveau rituel de la messe, dit "de saint Paul VI" et encore moins de la célébration de la messe et des sacrements en langue latine.
La réception d'un Concile Oecuménique fait partie de la foi catholique et n'est pas négociable, comme ne furent pas négociables, par exemple, les positions ariennes au IVème siècle sur la nature divine du Christ, et leur rejet par le Concile de Nicée. On n'est plus "catholique" lorsqu'on renonce à la foi définie, siècle après siècle, Concile après Concile, par l'Eglise universelle.
Au moment où le monde a besoin d'unité, quel contre-exemple est donné là : d'autant que, selon la formule de Proudhon qu'il convient toujours de rappeler, "derrière toute politique, il y a une théologie." Et, disons-le, derrière cette théologie conservatrice, il y a une politique - qu'on aimerait ne plus jamais voir associée à la foi chrétienne.