Depuis quelques mois maintenant, j'expérimente ce que peut être la souffrance physique à cause d'une gonarthrose - une arthrose du genou - qui va nécessiter (et heureusement) bientôt, le 11 mai prochain, une intervention chirurgicale. Malgré les antalgiques, de plus en plus puissants (certains opioïdes, c'est-à-dire à base de morphine), les douleurs sont aussi de plus en plus présentes et lancinantes, jour et nuit et pratiquement dans toutes les positions. J'ai pourtant cette chance : savoir qu'une intervention pourra prochainement soulager cet état de fait.
Et, donc, cela me fait méditer sur la pression que provoque, dans un psychisme que je ne pense pas douillet, ce genre de souffrance. Bien sûr, on peut l'offrir - et j'essaie de le faire, dans la prière quelquefois nue, hors des mots mais au milieu des maux! Pour tout : pour mes proches et mes amis, pour mes paroissiens et pour l'Eglise, pour les évêques et pour le pape, pour le monde et pour la paix, et ainsi de suite! Mais force est de constater que l'offrande ne soulage pas, et que la souffrance a des répercussions aussi sur le moral. Elle fait communier au mal, et ses terribles "pourquoi", avant de faire communier à la joie de Pâques!
Ma souffrance n'est pourtant pas grave - elle n'est pas le signe d'une maladie irréversible et mortelle, elle pourra, sans doute, être bientôt corrigée, et vraiment par rapport à la masse des souffrances mondiales auxquelles elle me permet de communier, elle n'est pas grand chose. Mais si... je ne peux m'empêcher de dire ce "si" : si l'on m'apprenait que rien ne peut l'atténuer, qu'elle durera malgré les antalgiques jusqu'à la fin de mes jours, qu'on ne peut rien faire contre elle - ce qui est le cas de certaines douleurs liées à d'autres pathologies que la mienne, oui, "si" : comment réagirais-je?
Je laisse ouverte la question, pour que l'on ne se contente pas d'y répondre de façon idéologique, de façon toute faite ou pseudo-spirituelle. Je laisse ouverte la question pour qu'elle soit un objet de méditation...