La parabole lucanienne, entendue aujourd'hui, et qu'on appelle souvent "du Fils prodigue", est en réalité une histoire qui met en scène deux fils (le cadet et l'aîné) et leur Père. Ce dernier est miséricordieux, comme Luc - et Jésus, bien sûr - veulent que nous découvrions la miséricorde de Dieu, ou plutôt que Dieu est miséricorde. Et la miséricorde bouleverse tout, déplace les frontières que nous pensions bien établies entre le vice et la vertu, entre les hommes. Non pas les observants d'un côté, qui auraient fait le bon choix et seraient figés dans leur salut, et les déviants de l'autre, qui seraient à jamais perdus.
Non.
Dans la parabole, celui qui était dehors (le cadet, le prodigue) se retrouve dedans, au milieu de la maison du Père, et avec quelle fête!
Et celui qui était dedans (l'aîné), de sa faute - car c'est lui qui refuse d'entrer, de se montrer complice de la situation - se retrouve dehors.
Immense bouleversement.
Dans nos églises, dans nos communautés, dans notre Eglise : ceux qui se pensent toujours "dedans" risquent, s'ils ne convertissent pas leur cœur, de se retrouver dehors - ça va vite!
Ceux qui sont stigmatisés comme ceux du dehors sont souvent au cœur du cœur.
Dans le monde, aussi - et je retrouve le thème de nos conférences de Carême, notamment la question de frontières évoquées avec talent mardi dernier par Stanislas Deprez : les rejetés, ceux du dehors, sont ceux du dedans, du cœur de Dieu. Le pape vient de le dire aux réfugiés qui se trouvent au Maroc pour l'instant - ce sont les préférés.
Dedans, dehors : les frontières, nous rappelle la Parabole de ce matin, sont fluides. Elles ne tiennent qu'à la miséricorde de Dieu - et à la nôtre, en retour.
dimanche 31 mars 2019
jeudi 21 mars 2019
La lucidité du Ministre Eyskens
Mardi 19, à Enghien : première conférence de Carême sur le thème des "Migrants et Migrations". Le Ministre d'Etat, Mark Eyskens, étonne tout le monde par la fraîcheur et la vigueur de sa pensée - oserait-on dire qu'il aura quatre-vingt-six ans le mois prochain? Le problème des migrations, il le recadre dans le contexte plus vaste des changements globaux qui affectent notre planète : démographique, scientifique, culturel, climatique, économique.
Une urgence, dit-il : que les hommes et femmes politiques européens prennent à bras le corps cette question dans toute son ampleur. En particulier, qu'un partenariat nouveau s'établisse très vite, assorti d'importants moyens financiers, avec le Continent africain, pour le gérer en vue du bien de tous - ce Continent malmené, qui se désertifie, et dont la population va plus que doubler d'ici une dizaine d'années, ce qui va engendrer un afflux massif de migrants. L'Europe politique actuelle, avec dans bien des pays des mesures protectionnistes et populistes incapables de rien résoudre, va vers sa perte si elle ne retrouve pas une voie de solidarité inspirée par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948.
C'est une voie humaniste, certes. C'est éminemment, conclut-il, la voie chrétienne.
La semaine prochaine, le 26 : qu'est-ce qu'une frontière? Comment s'établit-elle entre peuples et nations? Comment se transgresse-t-elle, de quel droit et à quel prix? Stanislas Deprez, philosophe, connaît bien ces questions dont il montrera qu'elles ne sont pas théoriques, mais éminemment concrètes pour le sujet qui nous occupe…
Une urgence, dit-il : que les hommes et femmes politiques européens prennent à bras le corps cette question dans toute son ampleur. En particulier, qu'un partenariat nouveau s'établisse très vite, assorti d'importants moyens financiers, avec le Continent africain, pour le gérer en vue du bien de tous - ce Continent malmené, qui se désertifie, et dont la population va plus que doubler d'ici une dizaine d'années, ce qui va engendrer un afflux massif de migrants. L'Europe politique actuelle, avec dans bien des pays des mesures protectionnistes et populistes incapables de rien résoudre, va vers sa perte si elle ne retrouve pas une voie de solidarité inspirée par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948.
C'est une voie humaniste, certes. C'est éminemment, conclut-il, la voie chrétienne.
La semaine prochaine, le 26 : qu'est-ce qu'une frontière? Comment s'établit-elle entre peuples et nations? Comment se transgresse-t-elle, de quel droit et à quel prix? Stanislas Deprez, philosophe, connaît bien ces questions dont il montrera qu'elles ne sont pas théoriques, mais éminemment concrètes pour le sujet qui nous occupe…
dimanche 17 mars 2019
Transfiguré, défiguré...
Tout ce qui nous défigure, les salissures sur nos visages, les pleurs et les cris de douleur, le Christ les prendra sur lui au moment tragique du Jardin d'agonie, entouré là encore de Pierre, Jacques et Jean - les trois mêmes apôtres que ceux de la Transfiguration. A ce moment-là, ils seront aussi accablés de sommeil, un "sommeil de tristesse" dit l'évangile de Luc, assommés par la mystérieuse tragédie de l'humain. Mais avant, sur la montagne, malgré leur envie de dormir, ils avaient veillé assez pour voir quelque chose de la gloire de Jésus…
Tout ce qui nous défigure, qui défigure nos cœurs et nos vies, nos institutions (ô combien), nos engagements, nos frêles alliances, nos pauvres fraternités, tout cela, qui est bien réel, n'est pas le dernier mot de notre condition. Tout cela servira de matière première à la grâce, et sera retourné en gloire - c'est le rêve de Dieu sur l'humanité, que Bernanos appelait "la douloureuse espèce."
Deuxième dimanche du Carême - dimanche d'espérance!
Tout ce qui nous défigure, qui défigure nos cœurs et nos vies, nos institutions (ô combien), nos engagements, nos frêles alliances, nos pauvres fraternités, tout cela, qui est bien réel, n'est pas le dernier mot de notre condition. Tout cela servira de matière première à la grâce, et sera retourné en gloire - c'est le rêve de Dieu sur l'humanité, que Bernanos appelait "la douloureuse espèce."
Deuxième dimanche du Carême - dimanche d'espérance!
jeudi 14 mars 2019
La mort du Cardinal Danneels
Il n'était pas mon évêque, et pourtant nous nous sommes beaucoup vus. Il a traversé mille et une critiques, en ce compris de la part de chrétiens et de prêtres, avec la sagesse d'un bonze… Je retiens de lui quelques maximes et conseils, dont j'apprécie avec le temps la pertinence, comme ce mot :
- "Si tu veux rester prêtre, apprends à être seul. Tu dois assumer ta solitude. Un prêtre meurt seul. Il doit le savoir, on devrait le dire plus souvent."
Cher Cardinal, vous aimiez tant le Père, vous viviez tant dans son intimité. Celle-ci est maintenant parfaite.
- "Si tu veux rester prêtre, apprends à être seul. Tu dois assumer ta solitude. Un prêtre meurt seul. Il doit le savoir, on devrait le dire plus souvent."
Cher Cardinal, vous aimiez tant le Père, vous viviez tant dans son intimité. Celle-ci est maintenant parfaite.
dimanche 3 mars 2019
"Une fois sorti de l'enfance, il faut beaucoup souffrir pour y rentrer..."
La petite Lucie est morte mercredi dernier, et je vais présider ses funérailles mardi matin à Petit-Enghien. Les parents - admirables de courage - ont choisi, dans l'Evangile de Marc, ce passage où Jésus demande de "laisser venir à lui les enfants, car son Royaume est à ceux qui leur ressemblent."
Choix judicieux.
Je songe aux contrefaçons par lesquelles certains responsables d'Eglise ont perverti cette demande de Jésus, les pédophiles et leurs protecteurs, cachés dans l'ombre nauséabonde de l'Institution et plus soucieux de la protéger que de défendre l'enfance. L'Eglise - c'est vous, c'est moi - en souffre, l'Institution aura de la peine à s'en relever (et tant mieux, qu'elle soit à terre un moment n'est pas pour me déplaire) : quelle leçon d'humilité! J'ai appris à me méfier, toujours, des institutions…
Je prépare ma leçon de demain, à la Faculté de Théologie de Louvain, qui va porter sur la spiritualité dans certains textes de Bernanos. Je parlerai longuement de ce mot, des Dialogues des Carmélites : "Une fois sorti de l'enfance, il faut très longtemps souffrir pour y rentrer…" C'est le vrai commentaire que l'on peut apporter à la demande de Jésus : redevenir enfant, récupérer l'enfance en soi, pour entrer dans le Royaume.
Non pas par naïveté, car l'enfance est exigeante.
Par la curiosité qui est celle de l'enfance, qui ne s'étonne pas de recevoir le monde en cadeau, qui ne trouve pas étrange que tout lui soit dû. Qui trouve que la gratuité est normale, est le mode normal des relations humaines, qu'on peut et qu'on doit vivre dans un monde où l'essentiel n'est pas monnayable, où les réalités les plus vivifiantes ne s'achètent pas et ne se paient pas : le monde de la grâce, que précisément Bernanos a si bien décrit sans ses romans et son théâtre.
J'ai passé mon Week-end chez ces amis du Nord de la France que je connais depuis si longtemps, chez lesquels j'ai marié et baptisé tout le monde, et j'ai assisté, émerveillé, à la multiplication des bébés. Des bébés choyés, bercés, mais bien à leur place (pas rois pour autant, pas centres du monde), qui vont apprendre, dans une pareille tribu de cousins, d'oncles, de tantes et de grands-parents, à bien grandir dans l'amour de la Vie.
Lucie a eu cette même chance, je l'ai bien vu en rencontrant longuement ses parents et ses grands-parents. D'où elle est, qu'elle bénisse ce monde de l'amour, ce monde de la grâce, qui, si on le veut bien, ne connaît pas de frontières avec le nôtre.
Choix judicieux.
Je songe aux contrefaçons par lesquelles certains responsables d'Eglise ont perverti cette demande de Jésus, les pédophiles et leurs protecteurs, cachés dans l'ombre nauséabonde de l'Institution et plus soucieux de la protéger que de défendre l'enfance. L'Eglise - c'est vous, c'est moi - en souffre, l'Institution aura de la peine à s'en relever (et tant mieux, qu'elle soit à terre un moment n'est pas pour me déplaire) : quelle leçon d'humilité! J'ai appris à me méfier, toujours, des institutions…
Je prépare ma leçon de demain, à la Faculté de Théologie de Louvain, qui va porter sur la spiritualité dans certains textes de Bernanos. Je parlerai longuement de ce mot, des Dialogues des Carmélites : "Une fois sorti de l'enfance, il faut très longtemps souffrir pour y rentrer…" C'est le vrai commentaire que l'on peut apporter à la demande de Jésus : redevenir enfant, récupérer l'enfance en soi, pour entrer dans le Royaume.
Non pas par naïveté, car l'enfance est exigeante.
Par la curiosité qui est celle de l'enfance, qui ne s'étonne pas de recevoir le monde en cadeau, qui ne trouve pas étrange que tout lui soit dû. Qui trouve que la gratuité est normale, est le mode normal des relations humaines, qu'on peut et qu'on doit vivre dans un monde où l'essentiel n'est pas monnayable, où les réalités les plus vivifiantes ne s'achètent pas et ne se paient pas : le monde de la grâce, que précisément Bernanos a si bien décrit sans ses romans et son théâtre.
J'ai passé mon Week-end chez ces amis du Nord de la France que je connais depuis si longtemps, chez lesquels j'ai marié et baptisé tout le monde, et j'ai assisté, émerveillé, à la multiplication des bébés. Des bébés choyés, bercés, mais bien à leur place (pas rois pour autant, pas centres du monde), qui vont apprendre, dans une pareille tribu de cousins, d'oncles, de tantes et de grands-parents, à bien grandir dans l'amour de la Vie.
Lucie a eu cette même chance, je l'ai bien vu en rencontrant longuement ses parents et ses grands-parents. D'où elle est, qu'elle bénisse ce monde de l'amour, ce monde de la grâce, qui, si on le veut bien, ne connaît pas de frontières avec le nôtre.
dimanche 3 février 2019
Lumineux et douloureux week-end
Week-end riche de toutes sortes d'événements que je récapitule dans la prière et l'action de grâce en ce dimanche finissant.
Hier soir d'abord, à Graty, puis ce matin à Hellebecq, remarquables assemblées de catéchèse et célébrations eucharistiques denses, bien préparées, bien conduites, avec des enfants et des parents attentifs et ouverts à la dimension spirituelle de l'existence humaine. Il y a là des trésors qui ne demandent qu'à s'exprimer… Merci aux catéchistes qui y veillent avec beaucoup d'enthousiasme et de talent!
Hier soir, encore, longue rencontre avec le Professeur Yvon Englert, le Recteur de l'Université Libre de Bruxelles, et son épouse - moments d'échange là encore sur le fond, sur l'état de la société et sur les questions dites sociétales, sur le rôle des universités, sur le rôle des paroisses - nous ne sommes pas, comme on dit, "du même bord", mais justement, l'entretien fut d'autant plus nourrissant.
Hier soir encore, tard, long coup de fil avec l'Académicien Angelo Rinaldi, qui me parle de son travail passé et présent de romancier et de critique et me dit - j'en suis flatté! - tout le bien qu'il pense de mon dernier petit livre "Etre prêtre".
Ce matin, après la rencontre d'Hellebecq, donc, magnifique célébration à Enghien aux rythmes africains et vigoureux de la Chorale Saint-Kizito : il s'agissait de dire au revoir à l'ami Gauthier, membre de cette chorale et membre aussi de notre "EAP" (Equipe d'Animation Pastorale) au sein de laquelle il a beaucoup fait pour les mouvements de jeunesse, Patros et Scouts. Gauthier, après un long cheminement et plusieurs stages, a décidé d'entrer comme moine postulant à l'Abbaye Cistercienne d'Orval. Comme j'ai essayé de le dire dans l'homélie, c'est un signe pour chacun de nous, un signe qui réveille notre vocation baptismale, et bien entendu la source d'une grande joie, lorsqu'on voit un membre de la communauté répondre ainsi avec générosité à l'appel de Dieu. Je suis sûr que Gauthier sera heureux dans la vie cistercienne, qui est une voie épanouissante et équilibrante, et qu'il continuera à prier pour nous.
Et puis, cet après-midi, baptême à son domicile enghiennois de la petite Lucie, quatre ans et demi. Lucie souffre d'un cancer invasif qui risque fort de l'emporter bientôt - moment intense, émouvant, avec toute la famille, ses parents, parrain et marraine, ses grands-parents, sa petite sœur, et l'assistance précieuse de Patricia qui représentait la communauté paroissiale. Difficile de retenir ses larmes… Je demande à tous ceux qui désormais connaissent Lucie et son histoire douloureuse de "mettre Marie Noël dans le coup" : la grande poétesse, dont l'évêque d'Auxerre vient de demander la béatification, a, si j'ose dire, "besoin d'un miracle" pour y arriver : eh bien, voilà une occasion toute trouvée. Nous, on y croit!
Hier soir d'abord, à Graty, puis ce matin à Hellebecq, remarquables assemblées de catéchèse et célébrations eucharistiques denses, bien préparées, bien conduites, avec des enfants et des parents attentifs et ouverts à la dimension spirituelle de l'existence humaine. Il y a là des trésors qui ne demandent qu'à s'exprimer… Merci aux catéchistes qui y veillent avec beaucoup d'enthousiasme et de talent!
Hier soir, encore, longue rencontre avec le Professeur Yvon Englert, le Recteur de l'Université Libre de Bruxelles, et son épouse - moments d'échange là encore sur le fond, sur l'état de la société et sur les questions dites sociétales, sur le rôle des universités, sur le rôle des paroisses - nous ne sommes pas, comme on dit, "du même bord", mais justement, l'entretien fut d'autant plus nourrissant.
Hier soir encore, tard, long coup de fil avec l'Académicien Angelo Rinaldi, qui me parle de son travail passé et présent de romancier et de critique et me dit - j'en suis flatté! - tout le bien qu'il pense de mon dernier petit livre "Etre prêtre".
Ce matin, après la rencontre d'Hellebecq, donc, magnifique célébration à Enghien aux rythmes africains et vigoureux de la Chorale Saint-Kizito : il s'agissait de dire au revoir à l'ami Gauthier, membre de cette chorale et membre aussi de notre "EAP" (Equipe d'Animation Pastorale) au sein de laquelle il a beaucoup fait pour les mouvements de jeunesse, Patros et Scouts. Gauthier, après un long cheminement et plusieurs stages, a décidé d'entrer comme moine postulant à l'Abbaye Cistercienne d'Orval. Comme j'ai essayé de le dire dans l'homélie, c'est un signe pour chacun de nous, un signe qui réveille notre vocation baptismale, et bien entendu la source d'une grande joie, lorsqu'on voit un membre de la communauté répondre ainsi avec générosité à l'appel de Dieu. Je suis sûr que Gauthier sera heureux dans la vie cistercienne, qui est une voie épanouissante et équilibrante, et qu'il continuera à prier pour nous.
Et puis, cet après-midi, baptême à son domicile enghiennois de la petite Lucie, quatre ans et demi. Lucie souffre d'un cancer invasif qui risque fort de l'emporter bientôt - moment intense, émouvant, avec toute la famille, ses parents, parrain et marraine, ses grands-parents, sa petite sœur, et l'assistance précieuse de Patricia qui représentait la communauté paroissiale. Difficile de retenir ses larmes… Je demande à tous ceux qui désormais connaissent Lucie et son histoire douloureuse de "mettre Marie Noël dans le coup" : la grande poétesse, dont l'évêque d'Auxerre vient de demander la béatification, a, si j'ose dire, "besoin d'un miracle" pour y arriver : eh bien, voilà une occasion toute trouvée. Nous, on y croit!
dimanche 20 janvier 2019
Des injonctions paradoxales...
Et d'abord, bonne année à tous! Je suis resté muet quelques semaines, accablé par la grippe et/ou une mauvaise bronchite : on redécouvre toujours sa pauvreté, et en début d'année, ce n'est pas plus mal!
Je forme des vœux pour chacun, de paix, de lucidité surtout.
Et pour commencer, je m'étonne des injonctions paradoxales (appelons-les ainsi) que la société nous inflige :
- il ne faut plus rouler en voiture, c'est entendu, cela pollue, que ces voitures roulent au diesel ou à l'essence et même à l'électricité (car celle-ci doit être fabriquée quelque part, et elle l'est surtout par les centrales nucléaires, ce qui ne réjouit personne.) Il faut privilégier les transports en commun (quand ils existent), surtout les trains. Bon, je suis preneur - parce que j'habite dans une petite ville où il y une gare et que tout cela est proche de Bruxelles, mais si j'habitais encore ma campagne natale, me donneriez-vous des solutions immédiates? Et surtout : pendant que l'on me dit cela, et que je l'écoute d'une oreille (mettons, la gauche), on me dit et j'écoute de l'autre (mettons, la droite) que le salon de l'auto vient de s'ouvrir, qu'il est prometteur, qu'il est urgent de renouveler le parc automobile, d'acheter une nouvelle voiture pour faire vivre ce rouage central de l'économie… Oui, oui : dites-moi, si j'achète une nouvelle voiture, sera-ce pour la laisser dans mon garage? Mesdames, Messieurs les politiques, un peu de cohérence, non?
- il faut réguler les flux migratoires, c'est entendu, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, faisons des murs et des rondes de nuit, empêchons les migrants de prendre des embarcations de fortune, refoulons les illégaux, etc., etc. Oui, oui, oui… Mais continuons à fabriquer et à vendre des armes qui sont, nous le savons, revendues et utilisées par des puissances belligérantes qui entretiennent des conflits dont le premier résultat consiste à jeter sur les routes, et dans les déserts, et sur la mer, de pauvres gens qui n'ont plus rien? Ne songeons surtout pas à changer le type de production de la FN de Herstal, par exemple? Mesdames, Messieurs les politiques, un peu de cohérence, non?
- il faut réguler les flux migratoires et refuser chez nous les réfugiés "économiques". Sans doute. Mais, aux approches des échéances électorales, fédérales et européennes, qui s'engage dès lors à distraire du PIB un pourcentage convenable pour favoriser le développement économique de ces populations du Sud structurellement pauvres, affamées, soumises à la désertification, aux maladies endémiques, aux manques cruels d'éducation et d'enseignement? Je n'entends rien dire, lorsque les programmes politiques sont proposés à nos votes, là-dessus… Mesdames, Messieurs les politiques, un peu de cohérence, non?
On pourrait allonger la liste.
Retournez-en les constats, faites-en des propositions : ce sont mes vœux pour 2019!
Je forme des vœux pour chacun, de paix, de lucidité surtout.
Et pour commencer, je m'étonne des injonctions paradoxales (appelons-les ainsi) que la société nous inflige :
- il ne faut plus rouler en voiture, c'est entendu, cela pollue, que ces voitures roulent au diesel ou à l'essence et même à l'électricité (car celle-ci doit être fabriquée quelque part, et elle l'est surtout par les centrales nucléaires, ce qui ne réjouit personne.) Il faut privilégier les transports en commun (quand ils existent), surtout les trains. Bon, je suis preneur - parce que j'habite dans une petite ville où il y une gare et que tout cela est proche de Bruxelles, mais si j'habitais encore ma campagne natale, me donneriez-vous des solutions immédiates? Et surtout : pendant que l'on me dit cela, et que je l'écoute d'une oreille (mettons, la gauche), on me dit et j'écoute de l'autre (mettons, la droite) que le salon de l'auto vient de s'ouvrir, qu'il est prometteur, qu'il est urgent de renouveler le parc automobile, d'acheter une nouvelle voiture pour faire vivre ce rouage central de l'économie… Oui, oui : dites-moi, si j'achète une nouvelle voiture, sera-ce pour la laisser dans mon garage? Mesdames, Messieurs les politiques, un peu de cohérence, non?
- il faut réguler les flux migratoires, c'est entendu, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, faisons des murs et des rondes de nuit, empêchons les migrants de prendre des embarcations de fortune, refoulons les illégaux, etc., etc. Oui, oui, oui… Mais continuons à fabriquer et à vendre des armes qui sont, nous le savons, revendues et utilisées par des puissances belligérantes qui entretiennent des conflits dont le premier résultat consiste à jeter sur les routes, et dans les déserts, et sur la mer, de pauvres gens qui n'ont plus rien? Ne songeons surtout pas à changer le type de production de la FN de Herstal, par exemple? Mesdames, Messieurs les politiques, un peu de cohérence, non?
- il faut réguler les flux migratoires et refuser chez nous les réfugiés "économiques". Sans doute. Mais, aux approches des échéances électorales, fédérales et européennes, qui s'engage dès lors à distraire du PIB un pourcentage convenable pour favoriser le développement économique de ces populations du Sud structurellement pauvres, affamées, soumises à la désertification, aux maladies endémiques, aux manques cruels d'éducation et d'enseignement? Je n'entends rien dire, lorsque les programmes politiques sont proposés à nos votes, là-dessus… Mesdames, Messieurs les politiques, un peu de cohérence, non?
On pourrait allonger la liste.
Retournez-en les constats, faites-en des propositions : ce sont mes vœux pour 2019!
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