La cathédrale de Bruxelles était remplie de fidèles, hier dimanche 13 septembre après-midi. Elle était plus encore remplie de joie! Martin, frère bien-aimé que nous connaissons ici au Centre- Ville puisqu'il y vécu pendant plus d'un an en insertion pastorale, était ordonné prêtre par notre archevêque Mgr Terlinden. Vivre ainsi l'ordination d'un ami, pour le prêtre désormais âgé que je suis, c'est renouer avec la jeunesse de ma propre vocation, et cela n'est pas sans émotion. Le rituel est exemplaire. Il est prudent, d'abord : au début de la célébration, l'évêque demande aux responsables de la formation des prêtres si le candidat qu'on lui présente et qu'on lui demande d'ordonner en est "digne". La réponse n'est pas "oui" ou "non", mais précisément la suivante : "Ceux à qui il appartient d'en juger ont donné leur avis. En conséquence j'atteste qu'il a été jugé digne d'être ordonné"... On a pris beaucoup de précautions, recouru à beaucoup d'évaluations, opéré bien des discernements et le candidat dès lors a été "jugé digne". Mais l'erreur reste possible! (Je suis persuadé que, pour Martin, on n'est pas trompé!) Les geste, aussi, me rappelaient hier ce que j'ai moi-même vécu et reçu voici quarante-deux ans déjà : les mains imposées sur la tête par l'évêque puis les prêtres présents, la remise des ornements sacerdotaux, l'onction des mains, la remise par le Peuple de Dieu du calice et de la patène contenant le vin et le pain qui seront, au coeur de la journée du prêtre, offerts chaque jour pour devenir le Sang très précieux et le Corps ressuscité du Seigneur Jésus... Et puis, cette longue accolade par laquelle le nouveau prêtre est accueilli dans le presbyterium, car c'est ensemble, en frères unis à l'évêque, que nous portons en nous, et "dans des vases d'argile" comme ce fut rappelé, l'inestimable trésor que l'ordination nous confie.
Martin partira début octobre à Rome, où il poursuivra des études de maîtrise en théologie fondamentale à l'Université Pontificale Grégorienne - il y a des destinées plus sombres, et je l'envie un peu d'avoir ainsi le loisir d'approfondir encore et encore la théologie qui nourrit notre vie pastorale.
Aujourd'hui, je lui ai demandé de me bénir, et ce moment émouvant, vécu dans mon bureau, m'a comme ragaillardi, et peut-être même, qui sait, rajeuni!
"L' Esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi, car l'Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance"
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