samedi 22 août 2026

"Plus catholique que le pape..."

 L'Evangile de ce dimanche nous rappelle l'épisode décisif durant lequel Jésus, à Césarée, déclare que "Simon fils de Jonas" est Pierre, parce qu'il bénéficie d'une "Révélation" du Père céleste qui lui a fait déclarer l'identité christique de son Maître, et que dès lors lui sont confiées "les clés du Royaume" par lesquelles il ouvre ou ferme l'entrée dans la communion ecclésiale.

Sur cette "pierre d'angle" s'édifie donc d'emblée une communauté, l' ecclesia Dei, Peuple de Dieu convoqué, assemblée sainte, hors laquelle il ne saurait y avoir de foi chrétienne : le christianisme n'est pas un exercice solitaire, il ouvre l'espace d'une communion. Mystère de l'Eglise : elle n'est pas un assemblage hétéroclite d'opinions diverses ni, à l'inverse, une espèce de communisme où tout le monde est prié de penser, de prier, d'agir pareil. Non : elle est une assemblée, pas un assemblage; une communion, pas un communisme! Cela suppose l'exercice synodal que le pape François appelait de ses voeux, et que continue à promouvoir son successeur Léon. A savoir : un dialogue infini, incessant, où l'on accepte de perdre son point de vue pour entrer dans celui de l'autre, et cela de façon réciproque. Aucune  unité n'est possible hors ce deuil de l'opinion personnelle, que l'on récupère alors enrichie de l'opinion d'autrui. Exercice difficile, certes, épuisant, souvent : mais s'accrocher à son point de vue sans vouloir le risquer ainsi, c'est courir au schisme, de façon inévitable. Le pape est le gardien de cet effort de communion, et nous pouvons être fiers du Pierre d'aujourd'hui, Léon. Sa fonction, en ce temps comme hier,  à lui qui détient les clés, consiste à ouvrir et à fermer, lorsqu'il constate que certains, prétendument plus ou mieux catholiques que lui, ne veulent pas de la communion ecclésiale. On vient, hélas, de le constater avec le nouveau schisme lefebvriste. Prétendre être "plus ou mieux catholique que le pape", pourtant, est souvent le signe qu'on n'est plus catholique du tout... Car Pierre est Pierre, aujourd'hui comme hier, et c'est sur lui que repose l'unité de l'Eglise.

1 commentaire:

  1. "Audi alteram partem". Toujours chercher jusqu'où notre contradicteur a raison... Hygiène du dialogue ô combien exigeante, en ces temps où toute nuance semble être chassée des débats.

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