Grande assemblée, ce soir, à la Cathédrale, et grand recueillement, pour la vénération de la Croix, tandis que s'élève doucement le chant interprété par les "Voces Desuper" des Impropères : le reproche de Dieu. "Mon peuple, que t'ai-je fait? En quoi t'ai-je contristé?" Dieu y rappelle ses bienfaits, qui sont de libération et de salut, et les oppose à l'inique traitement du Christ vilipendé, bafoué, mis en croix, assassiné. Pendant la longue plainte, une litanie tout aussi longue de fidèles qui viennent embrasser la Croix - de quoi donc, ai-je alors pensé, sont-ils porteurs? Quelles croix personnelles viennent-ils ainsi unir à la Croix dressée sur le monde? Un bout de la misère universelle s'égrène là, dans le silence et bientôt la pénombre de la Cathédrale, quelque chose du mystère humain se déroule devant nos yeux : la souffrance de l'homme est embrassée par la souffrance de Dieu, car, lorsqu'ils embrassent la Croix, c'est la Croix qui les embrasse.
Oh! Mystère de Pâques!
Mystère des Mystères!
Mystère de douleur et de joie!
Le Prince de ce monde nous tient tous en esclavage et nous aspirons à la libération. Viens, Seigneur Jésus !
RépondreSupprimer"Une foule immense que nul ne pouvait dénombrer"
RépondreSupprimerDans ma paroisse, ce fut une célébration simple avec pour seul chant " o croix dressée sur le monde ",
RépondreSupprimermelopee lancinante , accompagnant la vénération de la croix .
N'arrivant pas à l'embrasser - peut-être parce que je n'ai pas envie de faire corps avec elle - je me contente de m'incliner devant le Christ. Je pense à toutes ces croix qui mettent à terre , sous lesquelles ploient corps et cœurs, à cet homme qui a récemment perdu sa femme et un de ses fils, à cet autre qui lui a perdu les deux siens et dont la femme subit une rude chimio, etc...
Croire que la croix est salvatrice est pour moi un acte de foi volontaire. De là à y adhérer au point de l'embrasser...ma tête veut bien mais mon corps se révolte .
Heureusement que ce soir c'est la fête de la Résurrection .
Chère Marielle, ce n'est pas précisément la Croix qui est salvatrice, mais l'amour qui s'y donne à contempler. La souffrance est toujours un mal, et en elle-même n'a rien de salvateur. Mais si elle est traversée par le don de l'amour, alors l'amour est vainqueur...
RépondreSupprimerJe me suis mal exprimée. Je ne considère pas la souffrance comme salvatrice en elle-même. Elle peut mener à la folie., au suicide. Je déteste le dolorisme qui a pourtant eu son heure de gloire ! Elle est à combattre. Jésus ne l'a pas recherchée et il a désiré qu'elle s'éloigne. La croix n'est que l'aboutissement de son amour.
RépondreSupprimerMais reconnaissez que notre langage, les mots employés par l'église sont piégés: " c'est par ses blessures que nous sommes sauvés" , souffrance rédemptrice, qui complète celle du Christ etc... la souffrance est vaine si l'amour ne les irrigue pas. Ce qui est vrai pour tous nos actes d'ailleurs.