Mathieu, 25 ans...
Parti d'un effondrement cardiaque, le 30 septembre.
Enfant d'Enghien, fils de policier, et lui-même inspecteur de police à Bruxelles dans la Zone Montgomery.
Je ne le connaissais pas, mais j'ai appris à le connaître par tout ce qu'on m'a dit de lui : sa générosité, son amour de la musique, son enthousiasme pour son travail - un vrai service.
Ce matin, l'église d'Enghien était comble : 800 personnes, sans doute un peu plus, ses compagnons de travail, ses copains. Un vrai silence. Une vraie émotion.
Comment accompagner une famille, des amis, une compagne, qui perdent subitement quelqu'un de si jeune? C'est toujours en moi le même désarroi, je n'ai pas de paroles toutes faites - sauf celles du rituel, bien sûr, qui endigue admirablement nos émotions et les dirige comme il faut.
Mais que dire de particulier, face à pareille détresse?
J'ai essayé de parler de l'épisode de la vocation de Matthieu, dans l'évangile du même auteur. Sa surprise, que décrit le tableau du Caravage, à Rome. "Pourquoi moi? Pourquoi maintenant?" La mort est aussi un appel, elle n'est pas seulement une fin, une conclusion.
Je ne connaissais pas Mathieu. Mais maintenant que nous avons célébré son départ, il me semble le connaître et je lui demande de prier pour les siens. Et pour les jeunes d'Enghien. Et pour moi, aussi... Il est devenu un protecteur...
jeudi 9 octobre 2014
samedi 4 octobre 2014
Le Synode sur la famille
Demain, à Rome, le pape ouvrira le Synode des évêques sur la famille. C'est une intention et une préoccupation qu'il faut confier à tous. J'ai été frappé - et relativement déçu - de ce que les médias, et quelquefois les médias catholiques, se soient focalisés sur des problématiques somme toute accessoires : faut-il donner ou non la communion eucharistique aux divorcés remariés civilement?, ce genre de chose, des questions de discipline, donc, et non de société.
Or l'enjeu est vraiment ailleurs : nous savons bien que la famille a une place centrale dans la société des hommes - il suffit d'imaginer ce qui se passerait si la vie de famille n'existait pas, ou était empêchée, les conséquences que cela comporterait pour les parents mais surtout pour les enfants. La question n'est pas tant de savoir quel type de famille est "légitime" (classique, monoparentale, homoparentale, etc.) mais comment la société soutient la vie familiale, favorise les contacts intergénérationnels, aménage le temps de travail des adultes pour que ceux-ci puissent développer de véritables contacts éducationnels avec leurs enfants. Et, pour ce qui concerne l'Eglise, comment celle-ci est et devient sans cesse toujours plus un lieu d'accueil pour toutes les familles - non pas que toutes, évidemment, soient sacramentelles ou puissent revendiquer de l'être, cela c'est autre chose - , comment elle les écoute et les accompagne, comment elle les soutient dans les épreuves et les moments difficiles. En lisant ce matin les lettres de motivation des jeunes de Frasnes que je vais aller confirmer demain après-midi, j'étais frappé de voir que chez beaucoup - plus de la moitié - lorsqu'ils expriment leurs rêves d'avenir, la vie de famille tient une place première, désirée.
La société, trop souvent, pèche par légèreté vis-à-vis des familles : les séparations sont beaucoup trop rapides, souvent peu ou mal motivées, et sans grande considération pour les conséquences sur tous les membres de la famille (car les enfants en souffrent, mais les grands-parents aussi), elle encourage trop peu les médiations et la patience lorsque surgissent les crises inévitables.
Mais l'Eglise, trop souvent, pèche par un rigorisme excessif qui lui fait seulement rappeler de grands principes sans écouter toujours la diversité des situations. Et c'est aussi une source de souffrance.
En outre, la question se pose de la sacramentalité du mariage, qui ne saurait être liée qu'à la foi, une foi souvent peu ou mal partagée par les baptisés qui réclament de se marier à l'Eglise.
Bref, les questions de fond me semblent infiniment plus importantes et complexes que les questions de discipline, et touchant à ce qui constitue la cellule première de nos sociétés. Et, sur ces questions de fond, j'espère que le Synode des évêques puisse apporter beaucoup.
Or l'enjeu est vraiment ailleurs : nous savons bien que la famille a une place centrale dans la société des hommes - il suffit d'imaginer ce qui se passerait si la vie de famille n'existait pas, ou était empêchée, les conséquences que cela comporterait pour les parents mais surtout pour les enfants. La question n'est pas tant de savoir quel type de famille est "légitime" (classique, monoparentale, homoparentale, etc.) mais comment la société soutient la vie familiale, favorise les contacts intergénérationnels, aménage le temps de travail des adultes pour que ceux-ci puissent développer de véritables contacts éducationnels avec leurs enfants. Et, pour ce qui concerne l'Eglise, comment celle-ci est et devient sans cesse toujours plus un lieu d'accueil pour toutes les familles - non pas que toutes, évidemment, soient sacramentelles ou puissent revendiquer de l'être, cela c'est autre chose - , comment elle les écoute et les accompagne, comment elle les soutient dans les épreuves et les moments difficiles. En lisant ce matin les lettres de motivation des jeunes de Frasnes que je vais aller confirmer demain après-midi, j'étais frappé de voir que chez beaucoup - plus de la moitié - lorsqu'ils expriment leurs rêves d'avenir, la vie de famille tient une place première, désirée.
La société, trop souvent, pèche par légèreté vis-à-vis des familles : les séparations sont beaucoup trop rapides, souvent peu ou mal motivées, et sans grande considération pour les conséquences sur tous les membres de la famille (car les enfants en souffrent, mais les grands-parents aussi), elle encourage trop peu les médiations et la patience lorsque surgissent les crises inévitables.
Mais l'Eglise, trop souvent, pèche par un rigorisme excessif qui lui fait seulement rappeler de grands principes sans écouter toujours la diversité des situations. Et c'est aussi une source de souffrance.
En outre, la question se pose de la sacramentalité du mariage, qui ne saurait être liée qu'à la foi, une foi souvent peu ou mal partagée par les baptisés qui réclament de se marier à l'Eglise.
Bref, les questions de fond me semblent infiniment plus importantes et complexes que les questions de discipline, et touchant à ce qui constitue la cellule première de nos sociétés. Et, sur ces questions de fond, j'espère que le Synode des évêques puisse apporter beaucoup.
mardi 30 septembre 2014
Retour de Rome...
Rentré la nuit dernière de Rome, où je me trouvais depuis vendredi avec quelques proches collaborateurs et amis en pèlerinage. Une nouvelle fois séduit par la beauté de cette Ville, une nouvelle fois ému d'y retrouver des racines complexes - celles de l'Antiquité païenne, celles des premiers siècles chrétiens, celles de la Renaissance - qui s'expriment dans les pierres, dans la magie des lieux, dans le mystère de ces rues antiques sous la basilique de Saint-Clément, dans les dorures théâtrales du baroque...
Joie d'avoir participé, au milieu d'une foule impressionnante (combien de dizaines de milliers de personnes?) à la messe présidée dimanche par le pape François, en présence de son prédécesseur, pour les familles du monde entier et, en particulier, pour que soient raffermis les liens entre générations. Ce qui se passe là, au Vatican, depuis que François est pape, est une chose très étrange : on sent que quelqu'un parvient à répondre à l'attente diffuse de tant de peuples à travers le monde!
Prié, beaucoup, pour notre doyenné, et en particulier donc pour ses familles, dont je sais certaines en grand désarroi. Déposé le tout près de saint Pierre, sur son tombeau, à l'endroit où ce pêcheur d'un coin perdu de Palestine est venu, il y a deux mille ans, témoigner de son espérance, et pour cela, donner sa vie.
Joie d'avoir participé, au milieu d'une foule impressionnante (combien de dizaines de milliers de personnes?) à la messe présidée dimanche par le pape François, en présence de son prédécesseur, pour les familles du monde entier et, en particulier, pour que soient raffermis les liens entre générations. Ce qui se passe là, au Vatican, depuis que François est pape, est une chose très étrange : on sent que quelqu'un parvient à répondre à l'attente diffuse de tant de peuples à travers le monde!
Prié, beaucoup, pour notre doyenné, et en particulier donc pour ses familles, dont je sais certaines en grand désarroi. Déposé le tout près de saint Pierre, sur son tombeau, à l'endroit où ce pêcheur d'un coin perdu de Palestine est venu, il y a deux mille ans, témoigner de son espérance, et pour cela, donner sa vie.
jeudi 25 septembre 2014
Prière, précarité
Relisant hier soir Gesché, je suis frappé par l'une de ses notes où il signale la filiation étymologique entre "prière" et "précarité". Je veux y revenir ce matin, non sans avoir - habitus philologique oblige - vérifié la chose dans mon vieux "Gaffiot"(le meilleur dictionnaire du latin classique). Comme toujours, Gesché a raison : precari, le verbe latin, a donné "prier" et l'adjectif latin qui en est issu, precarius, a donné "précaire" dont la première signification est "obtenu par la prière".
Ma méditation de ce matin a tourné là autour.
C'est donc la précarité qui nous fait prier, la nôtre, certes, mais aussi celle du monde. Avant d'être une plainte face au caractère éphémère de toute chose, la prière est d'abord un émerveillement : tout ce qui enchante ma vue, la beauté des dernières roses de mon jardin ou l'agencement du monde derrière lequel je suppose sans la voir une infinité d'univers inconnus, tout cela est aussi "pour moi", pour mes yeux provisoires. Il y a dans cette rencontre entre deux précarités - la mienne, celle du monde - de quoi frémir de bonheur, puisque cet univers n'est pas seulement là pour lui mais, au moins dans ce moment de méditation, "pour moi" et "pour nous". Avant tout engagement éthique à le défendre, à prolonger l'éphémère, on est en effet dans ce que la prière nomme "l'action de grâce", une gratitude pour le don "gratuit" de la beauté.
D'autres fois, cette précarité - la mienne, celle des autres hommes, celle de mes proches, celle du monde - fait mal, et suscite autrement la prière : elle est à l'origine d'un scandale : pourquoi faut-il que tout finisse sur cette terre, la vie des hommes et celle des bêtes (le chagrin d'Yvette, hier, une dame âgée, amie, voisine, qui a perdu son petit chien) que nous aimons? Pourquoi la mort, et ses cortèges endeuillés? Pourquoi les traversées douloureuses de la maladie, de la contradiction, de la mésentente, de la guerre, de la haine? Pourquoi les catastrophes et les calamités? La précarité ici, nous conduit de l'émerveillement à l'interrogation et à la supplique - et c'est encore de la prière.
Il faut bénir la fugacité de tout, qui s'en va - parce ce que c'est en effet le lieu de la méditation intérieure, le lieu où l'on ramasse son action de grâce et sa désolation, le lieu où l'on prie. Et, parmi toutes les activités qui le constituent aussi comme être humain, l'homme est, ici-bas, et parce qu'il est précaire, fait pour prier.
Ma méditation de ce matin a tourné là autour.
C'est donc la précarité qui nous fait prier, la nôtre, certes, mais aussi celle du monde. Avant d'être une plainte face au caractère éphémère de toute chose, la prière est d'abord un émerveillement : tout ce qui enchante ma vue, la beauté des dernières roses de mon jardin ou l'agencement du monde derrière lequel je suppose sans la voir une infinité d'univers inconnus, tout cela est aussi "pour moi", pour mes yeux provisoires. Il y a dans cette rencontre entre deux précarités - la mienne, celle du monde - de quoi frémir de bonheur, puisque cet univers n'est pas seulement là pour lui mais, au moins dans ce moment de méditation, "pour moi" et "pour nous". Avant tout engagement éthique à le défendre, à prolonger l'éphémère, on est en effet dans ce que la prière nomme "l'action de grâce", une gratitude pour le don "gratuit" de la beauté.
D'autres fois, cette précarité - la mienne, celle des autres hommes, celle de mes proches, celle du monde - fait mal, et suscite autrement la prière : elle est à l'origine d'un scandale : pourquoi faut-il que tout finisse sur cette terre, la vie des hommes et celle des bêtes (le chagrin d'Yvette, hier, une dame âgée, amie, voisine, qui a perdu son petit chien) que nous aimons? Pourquoi la mort, et ses cortèges endeuillés? Pourquoi les traversées douloureuses de la maladie, de la contradiction, de la mésentente, de la guerre, de la haine? Pourquoi les catastrophes et les calamités? La précarité ici, nous conduit de l'émerveillement à l'interrogation et à la supplique - et c'est encore de la prière.
Il faut bénir la fugacité de tout, qui s'en va - parce ce que c'est en effet le lieu de la méditation intérieure, le lieu où l'on ramasse son action de grâce et sa désolation, le lieu où l'on prie. Et, parmi toutes les activités qui le constituent aussi comme être humain, l'homme est, ici-bas, et parce qu'il est précaire, fait pour prier.
mardi 23 septembre 2014
La vraie question est celle de la foi...
Rencontre d'EAP hier soir et, venant d'une paroisse rurale, longue interrogation autour des communautés locales modestes et de leur éventuelle "absorption" dans un ensemble trop vaste. J'entends bien le souci, mais à mon sens, la question est ailleurs. Elle est dans la disparité de plus en plus grande entre les convictions communes de nos contemporains et les propositions de la foi chrétienne.
Résumons-nous :
1° D'un côté, donc, la foi chrétienne : le Christ est ressuscité des morts, premier-né des morts. Cet homme qui a vécu il y a deux mille ans dans la foi juive, pétri pendant trente ans des prophéties et des attentes messianiques, cet homme qui a prêché un "salut" de l'humain par ses actes et par ses paroles, a été tellement incompris de son temps qu'on l'a éliminé physiquement. Après quelques jours de stupeur, de crainte et d'enfermement, ses proches ont prétendu le rencontrer vivant, non qu'il ait repris sa vie humaine antérieure seulement, mais parce qu'il inaugure une Vie nouvelle, absolument inédite, et désormais non susceptible de mourir. Ce faisant, il révèle de Dieu un visage lui aussi absolument inédit, - déconcertant. Un visage qui change tout, par ricochet, de la conception que l'être humain peut avoir de lui-même, de son origine et de son terme, de ses relations et de ses valeurs. C'est exactement cela que les chrétiens d'aujourd'hui proclament, en appuyant leur conviction sur le témoignage de ces premiers témoins. Aux yeux du "monde" (non seulement d'aujourd'hui, mais de tous les temps, à leur époque comme à la nôtre), c'est une folie (saint Paul parle à juste titre de la "folie de la prédication.")
2° D'un autre côté, donc, la foi du monde : la vie est courte et il faut en profiter, elle se limite à elle-même, il importe d'en soigner les bons côtés le plus et le mieux possible (médecine qui prolonge, attention portée à l'environnement, solidarités avec tous, services humanitaires, etc.) La mort est la fin, une fin souhaitable et qu'il faut même hâter si la vie n'est plus source de (ré)jouissance. Les rêveries des chrétiens ou des autre religions sont des stupidités, qui plus est souvent dangereuses car fauteuses de troubles et alimentant les guerres quand elles sont utilisées à des fins politiques, et elles coûtent cher (voir chez nous l'entretien, par les fonds publics, de bâtiments du reste désertés de plus en plus.)
3° Les gens qui, chez nous, fréquentent encore les églises ou leur demandent quelque chose, sont pour l'essentiel dans la catégorie numéro 2 : ils demandent des bénédictions ou des protections ou des fêtes de familles un peu solennisées, mais n'ont aucune idée de la catégorie numéro 1 et, la plupart du temps, n'ont aucune envie qu'on leur en parle et qu'on leur dise que la foi chrétienne consiste en cela.
4° Toutes les difficultés viennent de cette disparité entre le numéro 1 et le numéro 2. Tout : gestion difficile des bâtiments, peu de monde à des célébrations récurrentes, pastorale des baptêmes, des mariages, des sacrements de la foi (eucharistie, confirmation) ou des funérailles, difficultés éventuelles avec les pouvoirs publics, etc., tout vient de là.
5° A partir de là, commencer à réfléchir à ce que l'on veut proposer comme pastorale chrétienne dans nos régions pour les années à venir. Mais sachant, donc, que la vraie question n'est pas la "morale" des chrétiens, ou je ne sais quoi d'analogue, mais leur foi.
Résumons-nous :
1° D'un côté, donc, la foi chrétienne : le Christ est ressuscité des morts, premier-né des morts. Cet homme qui a vécu il y a deux mille ans dans la foi juive, pétri pendant trente ans des prophéties et des attentes messianiques, cet homme qui a prêché un "salut" de l'humain par ses actes et par ses paroles, a été tellement incompris de son temps qu'on l'a éliminé physiquement. Après quelques jours de stupeur, de crainte et d'enfermement, ses proches ont prétendu le rencontrer vivant, non qu'il ait repris sa vie humaine antérieure seulement, mais parce qu'il inaugure une Vie nouvelle, absolument inédite, et désormais non susceptible de mourir. Ce faisant, il révèle de Dieu un visage lui aussi absolument inédit, - déconcertant. Un visage qui change tout, par ricochet, de la conception que l'être humain peut avoir de lui-même, de son origine et de son terme, de ses relations et de ses valeurs. C'est exactement cela que les chrétiens d'aujourd'hui proclament, en appuyant leur conviction sur le témoignage de ces premiers témoins. Aux yeux du "monde" (non seulement d'aujourd'hui, mais de tous les temps, à leur époque comme à la nôtre), c'est une folie (saint Paul parle à juste titre de la "folie de la prédication.")
2° D'un autre côté, donc, la foi du monde : la vie est courte et il faut en profiter, elle se limite à elle-même, il importe d'en soigner les bons côtés le plus et le mieux possible (médecine qui prolonge, attention portée à l'environnement, solidarités avec tous, services humanitaires, etc.) La mort est la fin, une fin souhaitable et qu'il faut même hâter si la vie n'est plus source de (ré)jouissance. Les rêveries des chrétiens ou des autre religions sont des stupidités, qui plus est souvent dangereuses car fauteuses de troubles et alimentant les guerres quand elles sont utilisées à des fins politiques, et elles coûtent cher (voir chez nous l'entretien, par les fonds publics, de bâtiments du reste désertés de plus en plus.)
3° Les gens qui, chez nous, fréquentent encore les églises ou leur demandent quelque chose, sont pour l'essentiel dans la catégorie numéro 2 : ils demandent des bénédictions ou des protections ou des fêtes de familles un peu solennisées, mais n'ont aucune idée de la catégorie numéro 1 et, la plupart du temps, n'ont aucune envie qu'on leur en parle et qu'on leur dise que la foi chrétienne consiste en cela.
4° Toutes les difficultés viennent de cette disparité entre le numéro 1 et le numéro 2. Tout : gestion difficile des bâtiments, peu de monde à des célébrations récurrentes, pastorale des baptêmes, des mariages, des sacrements de la foi (eucharistie, confirmation) ou des funérailles, difficultés éventuelles avec les pouvoirs publics, etc., tout vient de là.
5° A partir de là, commencer à réfléchir à ce que l'on veut proposer comme pastorale chrétienne dans nos régions pour les années à venir. Mais sachant, donc, que la vraie question n'est pas la "morale" des chrétiens, ou je ne sais quoi d'analogue, mais leur foi.
dimanche 21 septembre 2014
Rentrée des Patros... et des autres mouvements!
Ai participé, en début d'après-midi, à la rentrée du Patro d'Enghien (garçons) comme je l'avais fait pour celle du Patro (filles) dimanche dernier, et, la veille, des Scouts et Guides. Gauthier, qui, lui, au sein de notre "Equipe d'Animation Pastorale" (EAP) assure le lien avec, entre autres, les Mouvements, avait participé à la rentrée des Patros de Silly.
Les charismes fondateurs sont sans doute différents, mais la volonté des jeunes (chefs, dirigeants) est la même : aider des enfants et des adolescents à grandir bien, droitement, dans une pédagogie du contact avec l'autre, de la sortie de soi, de la découverte et du respect de son environnement. Je suis frappé, je le redis ici comme je l'ai dit publiquement lors de ces "rentrées", par la générosité de ces grands jeunes qui, bénévolement, se donnent de la peine pour animer des cadets; par la confiance des parents, qui souhaitent ainsi donner à leurs enfants les loisirs les meilleurs. Ils sont vraiment les bienvenus et, cet après-midi, j'ai pu apprécier avec quel respect et quelle écoute tous étaient accueillis au Patro, par exemple. Je pense à mon petit "enfant de chœur" de ce matin - qui avait si bravement tout seul servi la messe des "Jubilaires", une grand-messe un peu solennelle tout de même! - retrouvé rue du Patronage cet après-midi - sept ans, cet enfant, il ira loin - accompagné par sa maman africaine, avec un petit peu de peur au ventre, mais rassuré par les sourires des autres! Bravo!
Il y a dans tout cela un véritable esprit chrétien : même si les Scouts ont renoncé à ce qu'on le dise explicitement, ils sont demandeurs d'une présence de prêtre, lors de leurs animations ou de leurs camps; pour les Patros, le lien est plus explicite : ils sont - et, à mes yeux, ils restent - une émanation des paroisses, créés pour animer une jeunesse peut-être plus populaire à l'origine - mais que veut dire le terme, à l'aune d'une fraternité revendiquée et souhaitée partout et, j'espère, par tout le monde? La généalogie peut bien, de temps en temps, se distendre : la joie de la rencontre reste intacte.
Je suis fier, je l'ai dit et j'aime à le répéter, de la jeunesse d'Enghien. Je n'ignore pas ses problèmes et ses contradictions, ses interrogations et parfois ses errances. Mais je sais sa générosité. Je remercie chaleureusement chefs et dirigeants, anciennes et anciens, qui sont des veilleurs et des éveilleurs. Ils nous donnent à voir une génération généreuse (si j'ose ce jeu de mots), soucieuse des plus petits, et, quelles que soient les pédagogies diverses - et légitimement diverses - mises en œuvre, ils nous donnent à voir ce qui doit, pour la rendre heureuse, motiver toute vie humaine : se soucier des autres.
Les charismes fondateurs sont sans doute différents, mais la volonté des jeunes (chefs, dirigeants) est la même : aider des enfants et des adolescents à grandir bien, droitement, dans une pédagogie du contact avec l'autre, de la sortie de soi, de la découverte et du respect de son environnement. Je suis frappé, je le redis ici comme je l'ai dit publiquement lors de ces "rentrées", par la générosité de ces grands jeunes qui, bénévolement, se donnent de la peine pour animer des cadets; par la confiance des parents, qui souhaitent ainsi donner à leurs enfants les loisirs les meilleurs. Ils sont vraiment les bienvenus et, cet après-midi, j'ai pu apprécier avec quel respect et quelle écoute tous étaient accueillis au Patro, par exemple. Je pense à mon petit "enfant de chœur" de ce matin - qui avait si bravement tout seul servi la messe des "Jubilaires", une grand-messe un peu solennelle tout de même! - retrouvé rue du Patronage cet après-midi - sept ans, cet enfant, il ira loin - accompagné par sa maman africaine, avec un petit peu de peur au ventre, mais rassuré par les sourires des autres! Bravo!
Il y a dans tout cela un véritable esprit chrétien : même si les Scouts ont renoncé à ce qu'on le dise explicitement, ils sont demandeurs d'une présence de prêtre, lors de leurs animations ou de leurs camps; pour les Patros, le lien est plus explicite : ils sont - et, à mes yeux, ils restent - une émanation des paroisses, créés pour animer une jeunesse peut-être plus populaire à l'origine - mais que veut dire le terme, à l'aune d'une fraternité revendiquée et souhaitée partout et, j'espère, par tout le monde? La généalogie peut bien, de temps en temps, se distendre : la joie de la rencontre reste intacte.
Je suis fier, je l'ai dit et j'aime à le répéter, de la jeunesse d'Enghien. Je n'ignore pas ses problèmes et ses contradictions, ses interrogations et parfois ses errances. Mais je sais sa générosité. Je remercie chaleureusement chefs et dirigeants, anciennes et anciens, qui sont des veilleurs et des éveilleurs. Ils nous donnent à voir une génération généreuse (si j'ose ce jeu de mots), soucieuse des plus petits, et, quelles que soient les pédagogies diverses - et légitimement diverses - mises en œuvre, ils nous donnent à voir ce qui doit, pour la rendre heureuse, motiver toute vie humaine : se soucier des autres.
samedi 20 septembre 2014
La Patrie plutôt que la Nation...
Ainsi donc, les Ecossais ont voté avant-hier, et c'est "non" (à plus de 55%) à l'autonomie. Ils ont, à mon sens, choisi la Patrie plutôt que la Nation et - à mon sens toujours - ils ont eu raison.
Que veux-je dire par là?
La Nation, cela a des côtés sympathiques : on s'y retrouve entre soi, on y partage souvent la même langue, la même "culture", les mêmes habitudes - notamment alimentaires - et ainsi de suite. C'est très bien, l'identité : sans elle, on ne va pas loin.
Mais la Patrie est toujours, d'une certaine façon, la mise en commun plus ou moins artificielle et cependant nécessaire de diverses Nations. Sans l'idée de Patrie, on risquerait un repli sur soi, un manque d'ouverture aux autres (aux autres cultures, aux autres langues, aux autres modes de vie, etc.)
J'emprunte cette conception, cette différence de définitions - qui n'est, je le sais, pas admise par tous - à Voltaire - eh oui! - qui, dans son Dictionnaire Philosophique, parle de "Patrie" comme d'une "réunion de diverses familles".
Il n'y a pas besoin d'aller loin pour donner des exemples de ce que j'esquisse ici.
La Belgique est une Patrie, c'est-à-dire un assemblage, pour une part hétéroclite et accidentel, de Nations. Cela fait d'elle le lieu d'un exercice qu'on peut appeler de "brassage culturel".
Pareil pour l'Allemagne - un fédération de Nations autrefois souveraines (la Prusse, la Bavière, etc.)
Pareil pour l'Italie - quoi de commun entre le Nord, la Vénétie et la Sicile?
Pareil pour l'Espagne.
Pareil pour la France, dont la configuration actuelle est après tout relativement récente...
Et ainsi de suite. Je ne trouve pas heureux, pour les motifs exprimés ci-dessus, qu'une Nation veuille devenir une Patrie. Je peux, jusqu'à un certain point, entendre les volontés identitaires qui doivent évidemment être respectées, mais, pour des raisons strictement anthropologiques et éthiques, je ne trouve pas cela souhaitable.
(C'est aussi, soit dit par parenthèse, le motif pour lequel j'estime qu'un Chef d'Etat - de Patrie - ne doit pas être élu au suffrage universel : cela personnalise infiniment trop le rôle qui, bien rempli par une figure charismatique, peut alors se défendre, mais sinon... voir en France aujourd'hui! Même dans de grandes Républiques européennes - Allemagne, Italie - le Chef de l'Etat est élu par de "Grands électeurs", ce qui diminue considérablement son pouvoir personnel. Et c'est pourquoi le système monarchique, qui ne fait absolument pas appel au suffrage du Peuple pour l'élection du Chef de l'Etat - seule compte sa naissance, arbitraire - me semble convenir tout à fait. Soit.)
Cela dit, je ne trouve pas non plus très heureux que l'Union Européenne se profile comme un "super-Etat", surtout s'il ne se trouve compétent que dans le domaine économique : il me semble qu'alors, pour le coup, les Nations n'y sont pas assez respectées.
Comment sera l'avenir?
Evitons les idéologies, regardons le bien réel des peuples - économique, culturel, social, international - et méditons. Et alors, oui, militons pour ce qui nous semble être le bien commun. C'est aussi un devoir de chrétien...
Que veux-je dire par là?
La Nation, cela a des côtés sympathiques : on s'y retrouve entre soi, on y partage souvent la même langue, la même "culture", les mêmes habitudes - notamment alimentaires - et ainsi de suite. C'est très bien, l'identité : sans elle, on ne va pas loin.
Mais la Patrie est toujours, d'une certaine façon, la mise en commun plus ou moins artificielle et cependant nécessaire de diverses Nations. Sans l'idée de Patrie, on risquerait un repli sur soi, un manque d'ouverture aux autres (aux autres cultures, aux autres langues, aux autres modes de vie, etc.)
J'emprunte cette conception, cette différence de définitions - qui n'est, je le sais, pas admise par tous - à Voltaire - eh oui! - qui, dans son Dictionnaire Philosophique, parle de "Patrie" comme d'une "réunion de diverses familles".
Il n'y a pas besoin d'aller loin pour donner des exemples de ce que j'esquisse ici.
La Belgique est une Patrie, c'est-à-dire un assemblage, pour une part hétéroclite et accidentel, de Nations. Cela fait d'elle le lieu d'un exercice qu'on peut appeler de "brassage culturel".
Pareil pour l'Allemagne - un fédération de Nations autrefois souveraines (la Prusse, la Bavière, etc.)
Pareil pour l'Italie - quoi de commun entre le Nord, la Vénétie et la Sicile?
Pareil pour l'Espagne.
Pareil pour la France, dont la configuration actuelle est après tout relativement récente...
Et ainsi de suite. Je ne trouve pas heureux, pour les motifs exprimés ci-dessus, qu'une Nation veuille devenir une Patrie. Je peux, jusqu'à un certain point, entendre les volontés identitaires qui doivent évidemment être respectées, mais, pour des raisons strictement anthropologiques et éthiques, je ne trouve pas cela souhaitable.
(C'est aussi, soit dit par parenthèse, le motif pour lequel j'estime qu'un Chef d'Etat - de Patrie - ne doit pas être élu au suffrage universel : cela personnalise infiniment trop le rôle qui, bien rempli par une figure charismatique, peut alors se défendre, mais sinon... voir en France aujourd'hui! Même dans de grandes Républiques européennes - Allemagne, Italie - le Chef de l'Etat est élu par de "Grands électeurs", ce qui diminue considérablement son pouvoir personnel. Et c'est pourquoi le système monarchique, qui ne fait absolument pas appel au suffrage du Peuple pour l'élection du Chef de l'Etat - seule compte sa naissance, arbitraire - me semble convenir tout à fait. Soit.)
Cela dit, je ne trouve pas non plus très heureux que l'Union Européenne se profile comme un "super-Etat", surtout s'il ne se trouve compétent que dans le domaine économique : il me semble qu'alors, pour le coup, les Nations n'y sont pas assez respectées.
Comment sera l'avenir?
Evitons les idéologies, regardons le bien réel des peuples - économique, culturel, social, international - et méditons. Et alors, oui, militons pour ce qui nous semble être le bien commun. C'est aussi un devoir de chrétien...
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